09.02.2009
Motion
La motion présentée ne semblant pas être définitive, tenant compte des remarques que l'on trouvera en commentaire, j'ai préféré l'enlever... J'ai été victime de mon empressement, on voudra bien j'espère me le pardonner...
05.02.2009
Supplique pour ne pas enterrer l'Université
Les enseignants-chercheurs ont l’image désastreuse de petites gens corporatistes, agrippés à leurs privilèges comme l'huître au rocher. Qui n’entend pas parler de ces « profs » qui font si peu de cours, ou qui mènent des recherches inutiles dans leurs laboratoires ? Qui ne sait pas que la France est mal représentée au classement de Shangaï, qui, pourtant, s’appuie notamment sur les articles publiées dans « Nature et Sciences » et sur le nombre de prix Nobel ? D’ailleurs, qui ignore que les profs sont toujours en grève ?
Cette image est pourtant fausse.
Je suis professeur de droit. Je ne travaille pas dans un laboratoire. Comme la plupart de mes collègues, je fais grève pour la première fois. Jamais je ne publierai dans « Nature et Sciences » - et pour cause - , et puisqu’il n’existe pas de prix Nobel en droit, je ne permettrai jamais à mon université d’être bien évaluée par « Shangaï ». Cela ne suffit pas à faire de moi un mauvais enseignant-chercheur.
La profession d’enseignant-chercheur est diverse, d’une discipline à l’autre. Le point commun de ceux qui la composent, Professeurs et Maîtres de conférences, et vacataires aussi, est le travail qu’ils ont accompli pour être dignes de l’Université, l’énergie qu’ils lui consacrent pour en rester dignes.
Pas plus qu’aucun de mes collègues, je ne me bats pour conserver des « privilèges ». Je ne suis même pas opposé à être évalué, pour peu que les critères de l’évaluation soient scientifiques et objectifs.
Or, que nous propose-t-on ?
On prétend évaluer les recherches des enseignants-chercheurs : pour ce faire, on laissera d’abord, dans les universités pluridisciplinaires, des juristes évaluer des chimistes, des chimistes juger des juristes…
Qui tirera les conséquences de cette pseudo-évaluation ? L’administration de l’Université. Peut-on croire un seul instant qu’elle tiendra compte de cette « évaluation » comique, et qu’elle tranchera sur des bases scientifiques et non financières, à l’heure où l’Etat coupe les vivres des universités sous prétexte d’autonomie ?
On prétend évaluer la pédagogie des enseignants chercheurs. Mais comment ? Exigera-t-on que chaque étudiant ait un master pour que le rendement soit bon ? Comment croire que le gouvernement se soucie de l’enseignement et de la pédagogie, quand un projet de décret sur la « masterisation des diplômes dévalorise la formation des instituteurs et professeurs du secondaire ? Comme croire qu’il s’en soucie, quand il fait de l’enseignement la sanction du chercheur mal évalué.
Le mauvais prof est au moins bon à donner des cours : voilà le sens du décret.
Phantasmes, et affabulations, dira Madame le Ministre. Mais elle sait bien que non : pourquoi promettre une charte de "bonne application", si le ce décret ne portait pas en lui les germes d’une crise profonde et peut-être fatale? Il y a quatre mille ans, dit-on, les dix commandements n'ont pas eu besoin d'une charte de bonnes pratiques...
20:25 Publié dans Autonomie des universités, Droit en général, Tribune, Université d'Evry et faculté de droit | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : grève, fac, faculté, université, éducation, enseignants, chercheurs
27.11.2007
Brûle ce que tu as adoré. Adore ce que tu as brûlé.
Brûle ce que tu as adoré. Adore ce que tu as brûlé. A moins que ce ne soit l'inverse ? C'est le commentaire qu'inspirent les dernières déclarations du futur député Bruno Julliard... Le président de l'UNEF vient en effet de se déclarer très satisfait de sa rencontre avec le Ministre de l'Enseignement supérieur. Il estime avoir obtenu "des engagements" contre les volets les plus "néfastes" de la loi sur l'autonomie des universités. Je me réjouis sans doute à l'idée de ce que ces propos vont permettre de participer à la fin des blocages. Pour autant, cet homme est désarçonnant à force de voltes-faces. On me pardonnera donc le billet qui suit - ma cote sur E Bay va diminuer - , écrit dans un bref moment de lucidité d'énervement .
18:05 Publié dans Autonomie des universités | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
A vendre : Professeur de droit, cause double-emploi
La loi sur l'Autonomie des Universités inspire les étudiants de l'Université d'Evry. Ainsi ai-je découvert dans Libération - grâce à l'un de mes étudiants - que l'Université était en vente sur E-Bay. Je me tiens à la disposition des vendeurs pour rédiger toute clause de non-garantie qu'ils voudront portant sur le corps professoral dont je fait partie...Je précise par ailleurs que je projette ma propre mise aux enchères, en tant que lot séparé.
13:55 Publié dans Autonomie des universités | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
11.11.2007
Unef par-ci, Unef par-là… et l'Université dans tout ça ?
Les fondements des mouvements estudiantins sont parfois insaisissables. Comme les étudiants en grève d'ailleurs, souvent perdus au milieu des lycéens en goguette venus visiter leur prochain lieu d’études en participants aux « AG » ouen bloquant les accès aux facultés. L’UNEF est ainsi particulièrement insaisissable lorsqu’elle s’engage contre la loi d’autonomie des Universités. Non pas qu’il faille approuver cette loi, j’ai même dû l’écrire ici ou là. Je ne me souviens pourtant pas que l’UNEF ait été particulièrement vigoureuse lors de la promulgation de la loi. Ecoutons Bruno Julliard, qu’il n’est pas besoin de présenter : « La démocratie est mise à mal par l'accroissement des pouvoirs des présidents ». Dont acte. Le problème est d’autant plus grave pour les facultés de droit, souvent perdues au milieu d’Universités pluridisciplinaires et tentaculaires… Et pourtant… l’UNEF n’avait-elle pas admis la nouvelle composition du Conseil d’administration, après avoir obtenu l’abandon de la sélection à l’entrée en master… J’entends encore le même Brunon Julliard, « Avec les amendements acceptés aujourd'hui, nous sauvons l'essentiel »…Finalement, il faut croire que non.
Le combat de l’UNEF, et de son président, sans doute futur député, est évidemment politique. « Les étudiants exigent également des mesures pour les sortir de la précarité et revaloriser leur pouvoir d’achat », lit-on sur le site de l’UNEF. Au moins les choses sont claires : il s’agit de reprocher au Président de ne pas avoir tenu ses promesses électorales en matière de pouvoir d’achat… La revendication n’est-elle pas à la mode ? Le combat est donc moins estudiantin que politique. On aimerait être certain qu’il s’exerce dans l’intérêt des étudiants et des facultés…
17:57 Publié dans Autonomie des universités | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
07.07.2007
Résolution sur le recrutement des universitaires
La résolution adoptée lors de la réunion du mardi 3 juillet au Panthéon à l'initiative de la Conférence permanente du CNU a pris la forme d'une pétition : tout enseignant-chercheur ou chercheur peut s'y inscrire en écrivant à petition.cp_cnu@yahoo.fr, en mentionnant sa discipline, son titre et son établissement. On trouvera le texte de la pétition ci-dessous.
28.06.2007
Autonomie des Universités : d'un blog, l'autre
Le blog Dalloz m'a ouvert ses colonnes afin d'y écrire sur le projet de loi portant organisation de la nouvelle Université ... J'en remercie la rédaction. On comprendra par ailleurs que je renvoie à ce billet....
26.06.2007
Motion de la conférence des doyens des Facultés de droit et des présidents d’université à dominante juridique relative au projet de texte portant organisation de la nouvelle Université
La conférence des Doyens des Facultés de droit et des Présidents d’Université à Dominante juridique s’est réunie samedi dernier à la Faculté de droit d’Evry Val d’Essonne. Cette réunion fut, pour l’essentiel, consacrée au texte relatif à l’Organisation de la Nouvelle Université, dont l’examen a été reporté de quelques jours par le Président de la République. Mieux qu’un compte-rendu de cette réunion, on trouvera ci-dessous le texte de la motion qui a été votée à cette occasion.
20.06.2007
Vers la sélection des étudiants... et des enseignants !
Ainsi que me le faisait remarquer François Colly, Doyen de la faculté d'Evry - que je remercie - deux articles peuvent encore nourrir la réflexion autour de l’avant-projet de réforme des Universités : l'on pourrait en effet croire, non seulement qu’une sélection soit à l’étude s’agissant des étudiants… mais aussi des enseignants
Autonomie des Universités (suite).
L'avant projet de texte portant organisation de la nouvelle université est désormais en ligne : on le trouvera ici. D'autonomie des facultés, il n'est pas question. En revanche, comme il avait été annoncé avant les résultats de l'élection présidentielle par le Président Nicolas Sarkozy, les Universités volontaires pourront obtenir une plus grande autonomie et les pouvoirs du Président devraient être renforcés.








