12.05.2009
Collectif pour la Défense de l'Université Motion adoptée le 6 mai 2009
Après plus de trois mois d'un mouvement de protestation sans précédent de la part de la communauté universitaire et scientifique, le gouvernement a fait le choix du passage en force. Tout comme il avait fait adopter la loi « Libertés et Responsabilités des Universités» en plein été (le 10 août 2007), il a récidivé en profitant des vacances de printemps à la fois pour adopter les décrets sur le statut des enseignantschercheurs et sur le Conseil national des universités, et pour annoncer son intention de procéder à la validation des premières maquettes de masters «métiers de l'enseignement ».
Par ses atermoiements et par sa volonté délibérée de ne pas convier à la négociation les principaux acteurs de la contestation, le gouvernement a sciemment laissé le conflit s'enliser. C'est donc lui qui porte l'entière responsabilité de la crise aiguë que traversent aujourd'hui les universités.
En dépit des modifications du projet initial de réforme statuaire, qui ont été imposées par la mobilisation des universitaires, les décrets adoptés et le dispositif relatif au recrutement et à la formation des enseignants des premier et second degrés continuent de justifier des critiques majeures.
C'est pourquoi, en conformité avec les principes qui l'ont animé depuis plusieurs mois, le Collectif pour la Défense de l'Université continuera à agir pour les modifier, en assurant désormais une triple mission:
- une mission juridique, en formant les recours juridictionnels appropriés et en élaborant une doctrine interprétative des textes en vigueur;
une mission d'observation et de vigilance, en assurant une veille active des pratiques mises en œuvre dans les établissements universitaires;
- une mission d'analyse et de proposition, en menant une réflexion approfondie sur le système d'enseignement supérieur et en contribuant au débat public sur l'avenir de l'Université.
La crise actuelle démontre en effet que l'Université est la principale victime des réformes menées dans ce domaine depuis des décennies. Dès lors, il est urgent de repenser tout le système de l'enseignement supérieur et de la recherche, à la faveur d'un véritable débat qui associera enfin l'ensemble des acteurs de la communauté scientifique et universitaire et guidera les parlementaires, à qui incombe le devoir de statuer de manière éclairée sur cette question fondamentale pour l'avenir de notre pays.
11:13 Publié dans Statut des enseignants-chercheurs | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note









Commentaires
Je me permets de signaler, dans le cadre de la mission d'analyse et de proposition que souhaite mener le collectif de défense de l'université, la pétition faisant suite à l'article "pour une refondation de l'université" publié au Journal "Le Monde":
http://petitions.alter.eu.org/index.php?petition=7
Ecrit par : MCF | 20.05.2009
Et après ?
Il faut bien avouer que règne un immense sentiment d'échec, parfois difficile pour ceux qui se sont beaucoup investis, ceux qui se sont mouillés comme on dit.On a vu d'ailleurs intervenir sur ce blog ( chapeau au passage).
Moi, je me suis investi à moitié ( je le regrette un peu d'ailleurs par rapport à mes collègues très compréhensifs que j'apprécie beaucoup) et je suis admiratif de ceux qui y sont allés sans compter et ont parfois perdu des collègues au passage ( je vous l'assure, j'ai vu des EC qui étaient liés depuis longtemps et ont rompu du fait du mouvement).
Et j'ai vu aussi les autres, ceux dont l'attitude étonnamment passive mérite d'être oubliée ....
Même si on nous promet des actions ou un suivi, même si on sait que ce décret ne passera jamais dans notre tête, il reste ce sentiment d'échec et d'amertume. Alors que dire pour eux qui étaient à fond dans le mouvement, dur, dur, dur pour eux.( je pense aussi à l'auteur de ce blog qui s'est bien mouillé lui aussi ...)
Voilà ce petit commentaire pour tout ceux-là.
Bon courage à tout ceux qui y ont cru à un moment donné.
Ecrit par : et après ? | 23.05.2009
@ et après?, dans certaines universités, c'est encore maintenant. Je pense par exemple à l'université du Mirail à Toulouse, où je n'enseigne pas (j'enseigne dans une autre université de la même ville où il n'y a eu ni d'avant ni d'après) mais où mon fils est étudiant. À présent que le mouvement a perdu sa résonance nationale, il est devenu facile quoique insensé d'en contester la légitimité au plan local et d'invoquer tout le mal perpétré par ces irréductibles toulousains, qui compromettent l'année universitaire d'étudiants pour lesquels les parents se seraient saignés en vain.
Mais que faire dans ces derniers bastions de résistance?
Ne pas attendre les résultats d'une pensée experte sur l'université de demain?
Abandonner pour l'heure des revendications à portée nationale et exiger d'acter dès aujourd'hui, dans les universités où la contestation perdure, une autre université?
J'avoue n'en rien savoir mais j'espère que tous ceux qui étaient comme vous l'écrivez "à fond dans le mouvement" continuent de s'informer sur ce qui continue de se passer dans des université comme celle du Mirail pour adresser aux acteurs locaux de ce mouvement des signes de soutien.
Ecrit par : lycette corbion | 23.05.2009
Merci à workshop pour cette information.
Un nouveau souffle pour la critique du droit et ... de son enseignement?
Ecrit par : lycette corbion | 26.05.2009
Même si on nous promet des actions ou un suivi, même si on sait que ce décret ne passera jamais dans notre tête, il reste ce sentiment d'échec et d'amertume. Alors que dire pour eux qui étaient à fond dans le mouvement, dur, dur, dur pour eux.( je pense aussi à l'auteur de ce blog qui s'est bien mouillé lui aussi ...)
Ecrit par : soutien scolaire | 15.05.2010
info très intéressante
Ecrit par : eurosportbet | 03.08.2010
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