30.03.2009

Collectif pour la Défense de l'Université - Motion du 28 mars 2009 -

L'Assemblée du Collectif pour la Défense de l'Université, réunie le 28 mars 2009 au Centre Panthéon, a pris connaissance du Communiqué du Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en date du 23 mars 2009, sur lequel elle a délibéré, faute d'être en possession du nouveau texte issu de la consultation du CT PU. L'assemblée du Collectif, ainsi réunie,

1- Souligne que le mécanisme même de la modulation porte atteinte au principe d'égalité des fonctionnaires d'un même corps, en tant qu'il donne compétence aux universités pour déroger localement aux règles nationales d'organisation du service ;

2- Rappelle que le service statutaire, qni ne saurait être considéré comme un simple service« de référence », doit toujours être de 128 heures d'enseignement (éqnivalent 192 heures travaux dirigés). Il en résulte que toute heure effectuée au-delà de 128 heures de cours (192 heures TD) doit, en tout état de cause, être rémunérée en heure complémentaire;

3- Rappelle qu'un décret statutaire ne doit pas être un outil de discipline budgétaire; les règles déterminant les obligations statutaires ne sauraient dès lors aboutir à attribuer un service complémentaire dont la prise en charge ne serait pas comptabilisée dans la dotation budgétaire de l'établissement;

4- Prend acte de l'annonce d'une répartition éqnilibrée entre promotions locales et nationales, et l'approuve sous réserve que celle-ci soit effectivement inscrite dans le décret statutaire lui-même et contienne explicitement la règle des 50%/50%;

5- Regrette qu'aucune précision ne soit annoncée relativement au projet de décret CNU tel qu'il a été soumis au CT PU. Celui-ci n'est pas satisfaisant, tant en ce qni concerne les moyens de travail du CNU que les garanties d'expertise scientifique de ses membres, qni doivent être renforcées du fait de l'extension de ses fonctions. Elle déplore, en particulier, l'absence de modification des règles relatives à la désignation de ses membres;

6- Demande en conséquence au ministère de lever toute ambiguïté sur l'ensemble de ces points dans les deux projets de décret, tels qu'ils seront soumis au Conseil Supérieur de la Fonction publique;

7- Constate, en outre, qu'en dépit de l'annonce du report de la masterisation, le principe de cette réforme demeure inchangé et demande son abandon;

8- Constate, également, que les difficultés actuelles résultent notamment des défauts de conception de la loi LRU, dont elle considère la révision indispensable;

9- Affirme, enfin, que la prolongation du conflit et, désormais, sa radicalisation, sont imputables à l'attitude du gouvernement;

10- Appelle, en conséquence, à maintenir les moyens d'action engagés et à participer à la manifestation nationale organisée le jeudi 2 avril. 

Commentaires

1 - "la modulation porte atteinte au principe d'égalité des fonctionnaires d'un même corps, en tant qu'il donne compétence aux universités pour déroger localement aux règles nationales d'organisation du service"

Non : nous sommes égaux si nous faisons le travail pour lequel nous sommes payés. Nous sommes payés pour faire de l'enseignement à hauteur de 192 h TD, soit, si mes souvenirs sont bons, 800 heures pour compter les préparations et corrections de copies.
Cela fait 4 h de préparations et de corrections pour 1 h de cours dispensée en présence des étudiants. S'il est vrai que lorsqu'on prend un cours pour la première fois, la préparation est harassante, on compense les années suivantes.
Il reste 800 h que nous sommes sensés consacrer à la recherche (car nous sommes, comme les cadres, sensés faire 1600 h, il me semble...).
Si ces heures de recherches sont utilisées à faire de la gestion de la fac, il faut que ce soit reconnu en tant que tel.
Si ce n'est occupé à rien, cela ne convient pas en terme d'égalité. Et juridiquement, inexistence de la cause, tout ça tout ça...
Et je ne parle pas là des pseudo-prof qui veulent continuer à faire l'avocat en même temps...

2 - "toute heure effectuée au-delà de 128 heures de cours (192 heures TD) doit, en tout état de cause, être rémunérée en heure complémentaire"

Oui bon là, évidemment, ceux qui étaient habitués à ne plus jamais faire de recherche et à doubler leur service pour gagner plein de sous en fin d'année, je comprends qu'ils aient les boules...
Mais ils pourraient envisager de diminuer juste un petit peu les heures d'abatage et écrire un petit truc...
Et puis toutes ces heures, elles pourraient peut-être servir à créer des postes, hein ? rêvons un peu...

3 - "un décret statutaire ne doit pas être un outil de discipline budgétaire"

Traduisez : je refuse toute norme, je veux être ma propre norme, je suis libre, je fais ce que je veux, et si tu me donne pas ce que je veux, j'envoie les étudiants te casser la goule.
Ahh... individualisme, quand tu nous tiens...

4, 5, 6, 7 - J'ai obtenu des truc, mais ça m'arracherait la goule de dire que ça me plais, alors j'en rajoute une couche.
Pas content ! Pas content ! Pas content !

8 - "Révision de la LRU"
Ben tant qu'on y est, la réforme que la totalité du corps universitaire réclamait depuis des années, on la casse aussi, hein ??
On dirait un bébé capricieux qui casse son jouet...
On dirait Chirac qui dissout son assemblée à lui...

9 - 10 - C'est même pas moi qui ait commencé, c'est lui !
Alors là, mort de rire !! Le diagnostic du bébé capricieux se confirme. Les boute-feux ont allumé l'incendie, ils se retrouvent avec tout un tas de cassage de gueule, des gens à l'hôpital, des fac qu'on est obligé de fermer, des semestres gâchés pour les étudiants sérieux... mais c'est pas moi, c'est lui !

RIDICULE !!

Résistance ! Résistance !
Sauvons nos Universités !
Radiez les bloqueurs !
Travailleurs, travailleuses, sus aux feignasses !

Ecrit par : EC aussi | 30.03.2009

Passer son temps à tourner en dérision les collègues en les traitant de feignasses et en contribuant, par des propos caricaturaux, au discrédit des enseignants-chercheurs dans l'opinion publique, voilà qui est intelligent et constructif.

Je plains ceux qui doivent vous fréquenter quotidiennement dans votre fac.

Ecrit par : Eric Martin | 30.03.2009

Au fait, "EC aussi", si vous signiiez un peu vos sarcasmes répétés de votre vrai nom, ce ne serait pas un peu plus courageux ?

Ecrit par : Eric Martin | 30.03.2009

Je crois que j'ai trouvé le nom de notre collègue: "troll".
Un troll est un utilisateur qui cherche à créer une polémique en provoquant les participants d'un espace de discussion sur un réseau informatique, notamment Internet.
Par métonymie, on parle de troll pour un message dont le caractère est susceptible de générer des polémiques ou est excessivement provocateur, sans chercher à être constructif.

Et il faut bien constater que les trolls foisonnent sur la toile sur ce sujet, les enseignants-chercheurs, ces "pères peinards" (dixit FOG) étant la cible de tous ceux qui ne supportent pas les intellectuels revendiquant leur indépendance. "Au boulot, les feignasses" est un bon résumé d'une argumentation dont je vous laisse juger de la finesse. Voilà qui fait bien avancer le débat, dans le respect de l'autre...

Ecrit par : MCF | 30.03.2009

Curieux ces réactions, vraiment curieux.
Le blog, depuis des semaines, invite au débat ; il y a, très rarement, une voix discordante et voilà...
On fantasme : je serais un troll envoyé par le gouvernement, ou alors un collègue irascible(on s'adore avec mes collègues...)... L'un, même, me demande ma véritable identité... pourquoi ? Cela ajouterait quoi au débat ? Savoir mon identité permettrait quoi ? De casser mon nez que j'ai fort grand ?

Allons allons, camarades, ne déformez pas mes propos rigolards, je ne traite de feignasses que les étudiants bloqueurs. Les collègues qui ne cherchent pas, je les aime, ils ne m'ont jamais empêché d'écrire, ils ne me laissent que plus de place pour être publié. Mais bon, d'un autre coté... faut être logique...

Je note que vos seuls arguments sont des tentatives de discrédit.
Vous n'avez donc rien à me répondre ?
Qu'y a-t-il de faux dans de que j'ai écrit ?
Je ne demande qu'à être convaincu.

Ecrit par : EC aussi | 30.03.2009

Vos propos sont au contraire truffés d'inexactitude. C'est trop de travail que de les reprendre un par un, honnêtement. Et, par ailleurs, si voulez polémiquer au détriment de certains de vos collègues que vous paraissez mépriser ouvertement, ayez le courage élémentaire de sortir de votre anonymat.

Ecrit par : Eric Martin | 30.03.2009

@EC aussi : "Les collègues qui ne cherchent pas"
Ce que vous dites est honteux. La chasse aux sorcières pour ces collègues a donc débuté alors que le décret n'est même pas passé (et ne passera pas).
Et êtes -vous sûr d'avoir assez des bonnes publications pour être considéré comme un bon publiant ? Quelle suffisance et quel mépris. C'est désolant. Je plains aussi les collègues qui vous côtoient.

A jamais.

PS : vous êtes cependant un argument de plus pour continuer notre combat. A ce titre, merci.

Ecrit par : Mona | 30.03.2009

@ Eric Martin et Mona, dans vos motifs d'indignation en réaction aux propos de EC aussi, vous avez oublié la hargne de "notre collègue" pour les "feignasses d'étudiants bloqueurs".

Ecrit par : lycette corbion | 30.03.2009

Vous avez raison, Lycette.
"Notre collègue" est non seulement un promoteur de la logique concurrentielle avec son lot de sanctions au sein du système universitaire mais en plus il caricature à l'envi les moyens d'action légaux comme le droit de grève ou celui de manifester. Pitoyable.

Ecrit par : Mona | 30.03.2009

+1 pour EC aussi....les "étudiants" bloqueurs sont toujours les mêmes peu importe le motif. Ils sont gauchistes et révolutionnaires, ils emmerdent les étudiants (les vrais)et sont en dehors des réalités.

Je remarque d'ailleurs qu'un bon nombre (la majorité)de bloqueurs de NOS amphis sont des "étudiants" d'histoire, de lettre ou langue.... ça en devient triste

S'il y avait une réforme pour travailler -, les mêmes types bloqueraient les facs.

La moindre réforme est sujette aux mouvements. c'est lourd.

maintenant faudrait penser à se CASSER de nos amphi les "amis".

L'année blanche pour toi en histoire pas pour moi,merci

Pour les prof c'est LEUR problème, ne me sentant nullemment concerné, je trouve l'attitude de certains à la limite...heureusement pour eux qu'ils sont fonctionaires...

à bon entendeur, reprenez le boulot.

Ecrit par : marc | 31.03.2009

Les donneurs de leçons feraient mieux d'apprendre LEUR leçons, les examens approchent...

Ecrit par : Pierrot | 31.03.2009

@ Marc

Il me semble que vous vous vous méprisez sur la nature du débat et c'est d'autant plus préjudiciable que vous prenez ouvertement parti.
J'espère pour vous que vous êtes capable de comprendre vos cours d'une meilleure manière que vous ne comprenez la mobilisation.

Cessez donc de soutenir que ce mouvement vous est totalement étranger , qu'il n'est le fruit que d'un mécontentement d'étudiants qui ne veulent pas étudier et d'enseignants que vous qualifiez indistinctement et péjorativement de "fonctionnaires". Ce terme fonctionnaire sonne presque comme un synonyme de privilégié.

Plusieurs éléments.

- Le mécontentement des enseignants concerne les étudiants. Car ce qui est en jeu c'est la qualité même de l'enseignement. Car l'enseignement est adossé à la recherche et un bon enseignant est avant tout un bon chercheur. Ce qui est en jeu, c'est la qualité de l'enseignement. Et cette qualité est tributaire d'une indépendance.
En tant qu'étudiants, nous devrions non seulement nous réjouir de cette indépendance mais surtout la défendre.
Il semble que vous n'ayez pas du tout assimilé cet aspect et c'est pourtant fondamental. A moins que vous soyez partisan d'un enseignement aseptisé...

- D'autre part, les enseignants ne sont pas forcément des "fonctionnaires", certains ne sont pas titulaires et ne jouissent pas du statut que vous leur attribuez fallacieusement.

- En outre, les enseignants ne se réveillent pas un jour en tant qu’enseignants. La fonction que certains occupent au sein des universités est le fruit d'un long parcours semé de précarité et d'incertitude ( cf: le doctorat) .

- Enfin, les amphis ne vous appartiennent pas. Ils appartiennent à ceux qui les font vivres et vu la place qu'occupe des lieux communs dans votre esprit, vous ne devez pas les fréquenter bien souvent.

Ps: je ne suis pas une étudiante en lettre ou en histoire mais en droit, en M2 même et je ne suis pas non plus "une branleuse". Je suis juste attachée à l'université et à sa fonction de démocratisation de l'enseignement. Même si il faut avouer que ce n'est pas toujours évident















































Laissez moi donc vous faire quelques précisions salutaires.

Ecrit par : ines | 31.03.2009

Pardon : "qu'occupent "

Ecrit par : ines | 31.03.2009

1)Est-ce que l'Université a un fonctionnement à ce point parfait que toute réforme doit être bloquée ?

2) Est-ce que le renoncement au Doctorat d'Etat en 1984, l'admission de l'imposition de quotas élevés de réussites aux examens universitaires et l'introduction d'une indépendance factice des matières de connaissances n' ont pas rendu fragile la position des protestataires d'aujourd'hui ?

Il est curieux que ce type de questions ne soit pas posée lors des débats entre Universitaires.

Ecrit par : claude | 31.03.2009

A Claude

1) toute réforme ne doit pas être bloquée mais toute réforme n'est pas forcément bonne (voir votre 2°).

2) à vous suivre, dès lors qu'il n'y a pas eu d'opposition aux précédentes réformes, plus aucune contestation n'est envisageable par la suite.

Si ce type de question n'est pas posé, c'est peut être parce que vous ne venez pas les poser lors des débats.

Ecrit par : vivien | 31.03.2009

ines,

merci de ces précisions éclairantes,

"Enfin, les amphis ne vous appartiennent pas. Ils appartiennent à ceux qui les font vivres et vu la place qu'occupe des lieux communs dans votre esprit, vous ne devez pas les fréquenter bien souvent."

==> il est en effet vrai que je fréquente peu les amphis depuis cette année ayant réussi l'examen d'entré au CRFPA mais épargne moi tes jugements assez peu fondés: la fac je l'ai pratiqué autant que toi au minimum...Mon frère est M1 cette année (son deuxième vu que l'année dernière il n'en a pas eu...)je reste donc très au courant du mouvement.

J'aimerai que tu ailles lui expliquer qu'il risque de perdre encore un an pour sauver notre cher modèle universitaire. L'année prochaine son 3ème M1???Une autre réfor du statut des cuisiniers du resto U : bloquage des amphi?? dans 2 ans il attaque son 4ème M1???

je caricature à peine.

Permets moi de te dire que certains étudiants n'ont pas de temps à perdre et que la masse silencieuse en à ras le bol.

Ce qui est triste dans ce pays c'est que c'est toujours celui qui crie le plus fort qui a gain de cause.

un an de plus c'est un an de loyer de plus ne l'oublie pas.

Alors la défense de l'université à la française très peu pour moi.

Ecrit par : marc | 31.03.2009

Marc, vous feriez un bon procureur.

Ecrit par : Pierrot | 31.03.2009

Ce n'est plus le blog de DH, mais un forum du Figaro. Au secours !
Les réacs sont en troupes et déchaînés !

Ecrit par : euh | 31.03.2009

Observation de l'ensemble de ces commentaires :

Du coté des pro-grève : déchaînement de propos fantasmantesques, leçons de moralitude et paniquasmes, bref, de l'intégrisme.

"Retournez à vos chères études si vous êtes un étudiant contre nous,
quant au collègue, il n'en est pas un ou il est dépourvu de toute éthique, c'est un troll réac et déchaîné envoyé par le gouvernement ou par le figaro pour commencer la chasse au sorcières ;
c'est honteux honteux honteux.
Veuillez quitter ce blog et nous laisser au chaud entre nous... "


Du coté des anti-grève, des arguments précis, qui jamais ne sont contrés précisément.

Curieux. Amusant.
Ou inquiétant : l'Université est vraiment en danger.

Signé : Troll gouvernemental irascible

PS : j'attends toujours (les arguments)

Ecrit par : EC aussi | 01.04.2009

Les arguments tu les connais très bien, sinon tu ne prendrais pas parti sur ce blog. Donc arrête de prendre ceux qui ne sont pas d'accord avec toi pour des c..., en prétendant qu'ils n'ont aucun argument à avancer, que leur seul plaisir est de faire grève et de tout bloquer, et qu'ils sont tous tous d'affreux révolutionnaires écervelés. C'est insupportable à la fin ! Et puis relis toi, ils sont où tes arguments à toi ? Il y en a, effectivement, mais ils sont tous tellement débiles qu'il vaut mieux les oublier.

Ecrit par : Pierrot | 01.04.2009

A Vivien

1) Pour pouvoir exposer son point de vue, encore faut-il pouvoir prendre la parole, et voir le débat se centrer sur les questions que j'aborde .

2) J'aurais aimé être moins seul en 1984, et depuis.

3) Les réformes précédant celle du jour étaient bien plus graves, et ne sont aucunement critiquées en ce moment. C'est pourtant l'occasion si l'on veut être cohérent et vraiment défendre la qualité de l'Université .

Erratum : je n'ai pas effacé un e dans mon message précédent ("question" étant devenue "type de questions")

Ecrit par : claude | 01.04.2009

EC aussi est un TROLL.
Dans les premières semaines du mouvement,le gouvernement a été surpris par notre capacité à mobiliser les esprits par le net. Aujourd'hui, il l'a certainement compris et tiré les leçons. Alors il nous combat sur notre propre terrain en envoyant des trolls secouer les forums de discussion à coup d'arguments précressiens aussi ridicules que contrefaits.
Lorsqu'on sait que 95% des enseignants-chercheurs sont contre le décret, on mesure le peu de chances d'avoir à faire ici à un collègue réel et réellement convaincu. A moins qu'il n'espère être président d'Université et toucher la prime de 30 000 euros par an...

Pour terminer, une petite observation. Nous sommes censés être des "fainéants", des "tire-au-flanc", à la différence des vrais chercheurs, comme les Américains qui, eux - à la différence parfaitement fictive de nous - seraient évalués. Mais aux USA, on ne fait pas 192 heures de cours par an ! On en fait 40 ! Les universitaires français sont 3 ou 4 fois plus chargés de tâches que les Américains pris en référence, et en plus ils n'en ont pas le salaire. Tout ça, tout ce discours pécressien, c'est du mensonge !

Ecrit par : Capitaine Flaque | 01.04.2009

EC aussi est un TROLL.
Dans les premières semaines du mouvement,le gouvernement a été surpris par notre capacité à mobiliser les esprits par le net. Aujourd'hui, il l'a certainement compris et tiré les leçons. Alors il nous combat sur notre propre terrain en envoyant des trolls secouer les forums de discussion à coup d'arguments précressiens aussi ridicules que contrefaits.
Lorsqu'on sait que 95% des enseignants-chercheurs sont contre le décret, on mesure le peu de chances d'avoir à faire ici à un collègue réel et réellement convaincu. A moins qu'il n'espère être président d'Université et toucher la prime de 30 000 euros par an...

Pour terminer, une petite observation. Nous sommes censés être des "fainéants", des "tire-au-flanc", à la différence des vrais chercheurs, comme les Américains qui, eux - à la différence parfaitement fictive de nous - seraient évalués. Mais aux USA, on ne fait pas 192 heures de cours par an ! On en fait 40 ! Les universitaires français sont 3 ou 4 fois plus chargés de tâches que les Américains pris en référence, et en plus ils n'en ont pas le salaire. Tout ça, tout ce discours pécressien, c'est du mensonge !

Ecrit par : Capitaine Flaque | 01.04.2009

ARGHHHH !
(roulage par terre avec écume aux commissures)
JE SUIS DEMASQUE PAR CAPITAINE FLAQUE !!!
(et disparition dans une abominable flaque verte puante du troll gouvernemental)

Dites donc, c'est drôlement bien les USA... On devrait faire comme eux... (Rhhooo ! La provoc !!) Ce n'est pas parce que c'est mieux aux Etats-Unis qu'il ne faut rien faire chez nous pour tenter d'améliorer la situation ... Je ne comprends pas bien le raisonnement (Rhhhooo ! La mauvaise foi...).

Nous nous plaignons tous, depuis des années, de ce que ce soient toujours les mêmes qui fassent tout, de ce que certains collègues jouent les passagers clandestins...
La réforme permet de tenir compte effectivement du travail de recherche, de gestion, d'enseignement, alors pourquoi pas tenter le coup ? De toute façon ça ne peut pas être pire que ce qu'on a actuellement.

Ecrit par : EC aussi | 01.04.2009

1) Je ne cherche pas à être président. Je préfère rédiger.
Il me semble que EC est également dans ce cas.

2) J'estime que le texte n'empêche pas de faire valoir que la mise à jour d'un cours relève de la recherche.

3) Le texte n'empêche pas de justifier sa non-production d'écrits. Parfois le thème de recherche est à ce point ardu qu'il n'est pas possible de publier; mais il serait bien étonnant qu'un chercheur de ce type n'ait pas d'activités écrites intermédiaires. Même des écrits cancellés.

4)Que l'on ne mette pas l'argent dans la discussion si c'est pour parler de traitement. On sait que le Professorat est d'abord un sacerdoce. Si l'on veut gagner plus, il faut publier ou se faire payer pour des conférences. Ou il faut entrer dans le privé. Le Professeur (toutes catégories confondues y compris MC, PRAG ...) n'est pas à la mendicité; il est au-dessus du seuil de pauvreté; il n'est pas exposé aux effets du grisou, du soleil, de la fatigue musculaire ... et il a l'immense chance d'exercer le métier de ses rêves. Cela devient indécent par rapport à d'autres catégories socio-professionnelles que de se plaindre de son niveau de traitement : c'est antisocial.

5) Il est également antisocial de prendre en otage nos étudiants qui viennent à l'Université pour sortir avec une compétence reconnue et utile pour notre société . Je ne puis faire grève pour cette raison.

6) La deuxième raison pour laquelle je ne ferai jamais grève est que je m'éclate en transmettant le savoir. J'ai une véritable addiction à l'égard de l'enseignement, et une véritable affection à l'égard de ceux qui font la démarche de venir apprendre. Je ne suis aucunement prêt à ce double sacrifice que je devrais opérer contre moi-même .

7) La troisième raison est que je me dois de respecter d'une part mes maîtres qui ont fait les efforts de me transmettre leur savoir sans faire grève; et d'autre part mes collègues de banc qui n'ont pu franchir les étapes obligatoires pour pouvoir monter dans les années d'études. C'était l'époque où l'on ne fonctionnait pas en modules.

8) Ce n'est pas parce que l'on est minoritaire que l'on a tort. Libre à chacun d'être un mouton prêt à suivre ses camarades dans l'engloutissement ! J'ai eu la chance de lire Rabelais et l'épisode des moutons de Panurge ; et on m'en a enseigné la signification et l'utilité sociale (le Professeur n'était pas en grève ce jour-là et je l'en remercie encore).
Ce qui est préoccupant, c'est que l'Université est à l'heure actuelle en catalepsie parce que ceux qui doivent l'animer refusent de le faire . Les transmissions du savoir et des méthodes d'acquisition des connaissances par soi-même sont bloquées; c'est une attitude suicidaire de laquelle je refuse d'être le complice. Au nom de l'éthique du Professorat.

9) L'Université en ne fonctionnant plus s'en prend directement à la société qu'elle n'oxygène plus par la transmission des outils de découverte des solutions aux innombrables problèmes que l'homme a à résoudre pour vivre physiquement, intellectuellement, moralement, sentimentalement... De quel droit ? C'est antisocial.

Ecrit par : claude | 02.04.2009

J'ai vu le collectif manifester, vous étiez ... une dizaine. Et encore, y avait un temps magnifique.

Ecrit par : doui | 02.04.2009

A tous les collègues, maîtres de conférences ou professeurs, qui ont depuis le début protesté contre la manière dont le Monde, ancien journal de référence, couvrait notre mouvement. Vous pouvez y adresser vos réactions certainement indignées, notamment sur les articles de cette "chère" journaliste, Catherine Rollot :

http://www.shesp.lautre.net/spip.php?article61

Pour appliquer désormais la Charte de bonne conduite à l'encontre du Monde :

http://www.shesp.lautre.net/spip.php?article58


La presse parle déjà de cette riposte :

http://www.bakchich.info/Les-enseignants-chercheurs-se,07284.html

Bon courage à tous.

Ecrit par : Mona | 04.04.2009

OK Mona mais en revanche pas question pour moi, comme certains membres de collectifs y invitent, d'acheter Libération, qui fait aussi bien en termes de désinformation

Ecrit par : lycette corbion | 04.04.2009

@Lycette
Tout à fait d'accord. En fait, dans cette protestation, il y a deux éléments : manifester sa désapprobation contre la désinformation à laquelle se livre le Monde depuis le début, ancien journal de référence, et exercer ainsi son droit de réponse. C'est une chose.

Et pour ceux qui veulent aller plus loin, boycotter le Monde ( ce qui ne signifie pas pour autant acheter les autres journaux. Il y a le web qui nous informe largement).
Il y a donc deux attitudes de protestation possibles, toutes les deux pacifistes et responsables, et je dirais davantage, citoyennes.


PS : Je suis tout aussi déçue par Libération qui, par rapport au mouvement, a été au départ très tiède et s'est par la suite repris. Mais, c'est encore décevant.
il faut savoir qu'à la suite de cette charte, le Monde a commencé à changer de ton dans ses articles. Il ne faut pas être dupe: ce changement de ligne éditoriale qui semble se manifester depuis deux ou deux trois jours ne peut que servir la cause universitaire car la manière dont le Monde relate notre mouvement influence, qu'on le veuille oui non, le gouvernement.

Ecrit par : Mona | 04.04.2009

Cette initiative de boycotter le monde est une très bonne initiative.
Je ne suis malheureusement pas étonnée du traitement médiatique du mouvement par la majorité des quotidiens. Par contre, j'ai étè très agréabement surprise par MEDIAPART, qui donne régulièrement la parole aux enseignants chercheurs et pointe très justement les duperies que le gouvernement tente de faire avaler aux Français.

Ecrit par : ines | 05.04.2009

En effet, Mediapart a été une révélation durant le mouvement universitaire. Cela n’est guère étonnant de la part Edwy Plenel.
Concernant le Monde, ancien journal de référence, le départ de Plenel a laissé le libre champ à Colombani qui a remodelé la doctrine du Monde, un doctrine alors impartiale. Il a notamment favoriser l’ascension de personnes comme Ridet, Bacquet et aujourd’hui Rollot qui doit certainement recevoir ses instruction du MESR .
Ce virage politique a débuté déjà lors du célèbre appel à voter « indirectement » pour l’actuel Président de la République par Colombani dans son éditorial à la veille du 1er tour, bafouant les règles élémentaires du journalisme, notamment politique, à savoir l’impartialité. Et depuis, le Monde sombre dans la complaisance politique.
Le problème n’est pas d’appeler implicitement à voter pour ce Président mais de rompre la règle d’or du journalisme.
Catherine Rollot ne semble pas comprendre de surcroît que le mouvement des universitaires n’est pas politique et se situe au-delà. Il défend un choix de société même si, pour ma part, je reste convaincue que vouloir inscrire l’université, haut lieu du savoir, dans une logique quantitative et marchande est symptomatique d’un courant de pensée politique.
Après cet appel à voter par Colombani, de nombreuses voix au sein de la société civile, notamment des mouvements citoyens ou de jeunesse ont appelé au boycott du Monde, qui a débuté à cette époque et peut expliquer la baisse inexorable de ses ventes que le Monde ne parvient pas à résorber.
Aujourd’hui, il est inadmissible que les bibliothèques universitaires ou les directions d’UFR maintiennent leur abonnement à ce journal. Mais, je vous rassure : nous œuvrons en ce sens. Les universités publiques doivent développer l’accès gratuit à des sources d’information qui veillent à diffuser une information objective ou du moins équilibrée.

Ecrit par : Mona | 05.04.2009

@Mona
Je me suis désabonné du Monde. J'y pensais depuis un certain temps d'ailleurs, à cause de C.Rollot.
Mais, désolé de vous le dire, votre appel est un peu vain car vous savez certainement mieux que moi que le milieu du droit est très très conservateur. Il n'y a qu'à voir le taux de mobilisation dans les facultés de droit, notamment certaines ..... Alors, leur demander de boycotter le Monde, vous rêvez. C'est trop subversif pour eux. En droit, au niveau de la lutte, on est l'armée mexicaine et ce sont toujours les mêmes qui sont mobilisés. C'est pour ça qu'il faut dire bravo au collectif de défense de l''université, notamment à Beaud et Gaudu, qui continue à se battre malgré le peu de soutien qu'il reçoit, tant au niveau des Pr qui sont silencieux , ce qui n'arrange pas leur image, mais aussi au niveau des collègues Mcf qui ne se sentent pas concernés ( manque de maturité ...) ou n'ont pas assez de courage. Voilà la réalité. Heureusement qu'il y a les troupes de la coordination nationale pour étouffer le scandale ...

PS : je fais passer la consigne pour le désabonnement autour de moi et pas seulement au niveau universitaire.

Bonne lutte aux collègues mobilisés.

Ecrit par : 0/20 | 05.04.2009

@0/20 "votre appel est un peu vain car vous savez certainement mieux que moi que le milieu du droit est très très conservateur"

Oh je sais qu'il est très conservateur, et je le sais même très très bien... tant que cela n'entrave pas ma liberté de penser.

Autrement dit, je sais parfaitement à qui je m'adresse.

Quant à la mobilisation des uns et des autres, j'ai depuis longtemps cessé d’analyser. Se mobilise qui le veut bien. Ce n'est pas non plus un problème pour moi. J'ai la chance d'être dans une université pluridisciplinaire dans laquelle les membres de la coordination nationale sont très actifs. Alors, on est de facto porté par leur élan ...

Quant au collectif de défense de l’université, rien à redire sur sa détermination, sa clairvoyance et surtout son honnêteté intellectuelle qui le rend imperméable à toute forme d’allégeance. Voir son communiqué d’aujourd’hui. Parfait.

A méditer cette phrase extraite du bel article de Philippe d’Iribarne sur le mouvement (d’ailleurs cité par le collectif dans son communiqué) , que j’applique bien volontiers à propos de l’état de la mobilisation dans certaines facultés de droit :
« Peut-être l'esprit de cour est-il tellement devenu chez eux une seconde nature qu'ils ont
du mal à comprendre que certains ont fait d’autres choix ? »

Ecrit par : Mona | 05.04.2009

@Mona
ça fait longtemps que je me suis désabonné de ce journal. merci tout de même pour l'info.

Ecrit par : Julien | 06.04.2009

simpa ce blog, vos articles et reportages sont trés interressant
encore merci
Patrick

Ecrit par : anniversaire | 12.04.2009

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