30.01.2009
Nouveau projet de décret sur le statut des enseignants chercheurs et position du "Groupe 1"
Comme la plupart de mes collègues de l'université d'Evry, je reçois les messages de la section locale du SGEN.
C'est ainsi que j'ai été informé de la nouvelle version du décret (que l'on trouvera ici), rendue publique par Valérie Pécresse, et transmise, semble-t-il, au Conseil d'Etat. Je renvoie au Blog "Nouveau Souffle", sur lequel on trouvera notamment un courrier adressé, si j'ai bien compris, aux présidents d'université .
On y verra que Madame le Ministre tente de lever toutes les ambiguïtés, faisant part de son sentiment suivant lequel " les avancées substantielles que permet ce projet de décret ne sont pas pleinement perçues par les enseignants-chercheurs".
Ce n'est pas impossible.
Selon Madame le Ministre la modulation de service « qui n’est qu’une faculté offerte universités (sic !) et certainement pas une obligation, a pour objectif de permettre la reconnaissance de l’ensemble des activités des universitaires et de prendre la mesure de l’engagement professionnel de chacun.
Aujourd’hui, seul l’enseignement en présence d’étudiants est quantifié. Toutes les autres activités, qu’elles soient liées à l’acte pédagogique, à la recherche scientifique, à l’implication dans la vie collective de l’université, sont laissées dans l’ombre, ne sont ni définies, ni quantifiées, ni évaluées, ni reconnues ».
Arrêtons-nous un instant sur ces paragraphes : la faculté est laissé aux universités, suivant cette expression finalement assez heureuse. Le texte est ouvertement présenté comme une opportunité de gestion entre les mains des présidents d'établissement. Encore une fois, l'on ne s'étonnera donc pas qu'ils ne soient pas tous farouchement opposés à l'idée de cette modulation.
A en croire le courrier, pourtant, « tout l’objectif de la modulation de service, tout le sens du projet de décret, est ainsi de permettre aux universitaires, en fonction de leurs aspirations, d’un projet professionnel qui peut évoluer au cours de leur carrière et des objectifs de l’institution, d’envisager un autre équilibre entre les différentes activités qui s’offrent à eux, et de le faire en toute transparence ».
Ainsi, « la répartition des services individuels de chaque enseignant-chercheur, arrêtée formellement par le président de l’université, sera l’aboutissement, tout à la fois des choix formulés par l’intéressé dans son rapport d’activité, et du projet collectif porté par l’unité de recherche et la composant dans lesquelles il exerce ses activités d’enseignement et de recherche ».
Le nouveau texte prévoit certaines limites : "La modulation de service ne peut aboutir à ce que le service d’enseignement soit inférieur à 42 heures de cours magistral ou 64 heures de travaux pratiques ou dirigés ou tout combinaison équivalente. Elle doit en outre laisser à chaque enseignant-chercheur un temps significatif pour ses activités de recherche.
Lorsque les activités d’un enseignant-chercheur sont favorablement évaluées, par le conseil national des universités ou le conseil national des universités pour les disciplines médicales, odontologiques ou pharmaceutiques, sur la base de critères rendus publics, son service d’enseignement ne peut être fixé, sans son accord, au-delà du service de référence (128 heures de coures ou 192 heures TD)".
On relève à titre préliminaire qu’il n’est mentionné nulle part ce que seront ces « critères rendus publics », ni même qui en accouchera. Me reprochera-t-on, comme on l’a fait il y a quelques jours encore, que mes thésards soutiennent en plus de trois années, ce qui est beaucoup trop eu égard aux canons des thèses « scientifiques » ?
On observe ensuite que « le président ou le directeur de l’établissement arrête les décision individuelles dans l’intérêt du service, après consultation (c’est tout) du directeur de composante et du directeur de l’unité de recherche concerné ».
A titre personnel, je trouve ce point inacceptable, en particulier dans les universités pluridisciplinaires.
Peut-être Madame le Ministre le pressent-elle : « je suis tout à fait convaincue, lit-on dans le courrier, de la nécessité d’assortir ces possibilités nouvelles de garanties individuelles afin de conjuguer le statut national des enseignants-chercheurs et l’autonomie des universités.
C’est pourquoi il a été proposé à vos représentants, ainsi qu’à la conférence des présidents d’université (nous sommes sauvés), de rédiger avec le ministère une charte nationale qui permette d’établir un corpus d’équivalences entre les différentes activités, qui constituera une des pièces annexée au contrat pluriannuel, intégrant ainsi les principes généraux de répartition des services fixés par le conseil d’administration, après que le comité technique paritaire se sera prononcé ».
Encore un « machin », destiné à assimiler ce qui n’a rien de commun : comment comparer les « papers » des uns avec les notes de jurisprudence des autres ? Décidemment les critères rendus public sur la base desquels le CNU aura à trancher devraient… être rendus publics.
Que penser de tout cela ? Ce qui suit n’engage que moi. A titre personnel, je ne suis pas opposé à l’idée d’une évaluation par ma section du CNU. Je suis plus réservé quant à l’évaluation des activités pédagogiques : faudra-t-il que nous menions 80 % d’une génération au doctorat pour être correctement évalué ? En toute occurrence, il conviendrait de préciser les critères de l’évaluation.
Enfin, je l’avoue, je n’ai aucune confiance dans l’administration des universités, notamment pluridisciplinaires. Tant qu’une logique facultaire n’irriguera pas l’Université, je ne reconnais aucun titre, ni aucune autorité à un président d’université, pour influer sur mes activités scientifiques et pédagogiques, fût-ce « formellement ».
Post Scriptum : Le Groupe 1 vient de délivrer le communiqué suivant :
Communiqué relatif la nouvelle version du projet de « décret statut »
Frédéric Sudre, Président du Groupe 1, Président de la Section 02, Bernard Beignier, Président de la Section 01, Aude Rouyère, Vice présidente-Professeur de la Section 02, Jean-Louis Harouel, Président de la Section 03 et le Doyen Paul-Henri Antonmattei, Président de la Conférence des Doyens des Facultés de Droit, considèrent que la nouvelle version du projet de décret relatif au statut des enseignants-chercheurs, en date du 30 janvier, et sous réserve de sa régularité procédurale, prend en considération de manière significative les propositions qu’ils ont présentées à Madame le Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche le lundi 26 janvier 2009.
►Le projet de décret intègre les propositions faites à propos de la modulation des services en garantissant à un enseignant-chercheur de ne pas se voir imposer une modulation de service par son université contre l’avis du CNU.
►Le projet de décret tient compte des propositions faites en matière d’avancement en donnant la garantie que 50% au moins des promus doit être choisi au sein de la liste établie par le CNU.
Les soussignés réaffirment, ainsi qu’ils l’ont déjà indiqué le 26 janvier à Madame le Ministre, que l’effectivité de ce dispositif reste subordonnée à l’adoption d’un « décret CNU » donnant réellement à l’institution rénovée les compétences et les moyens lui permettant d’assurer ses missions et répondant aux attentes de la communauté universitaire.
Paul-Henri Antonmattei Bernard Beignier Aude Rouyère Jean-Louis Harouel Frédéric Sudre
20:31 Publié dans Université d'Evry et faculté de droit | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note









Commentaires
Accepter le projet de décret dans sa nouvelle forme, sans que les critères d'évaluation des enseignants-chercheurs soient préalablement fixés avec précision, mais aussi avec clarté et concision, reviendrait, semble-t-il, à donner un dangereux blanc-seing au Ministère.
Par ailleurs, dans la version remaniée du projet de décret, transmise ce jour au Conseil d'Etat, une petite phrase a été aussi ajoutée dans l'article 4 : la modulation des services "doit laisser à chaque enseignant-chercheur un temps significatif pour ses activités de recherche".
En raisonnnant sainement, on devrait estimer que l'article 4 en devient contradictoire. En effet, il me semble, le service actuel de 128 heures de cours / 192 heures de TD accomplis consciencieusement laisse surtout les vacances pour écrire. Si ce service était encore alourdi, un temps "significatif" ne serait plus laissé à l'enseignant chercheur pour ses recherches, précisément.
Mais, encouragée par les restrictions budgétaires et le non-remplacement de collègues partis en retraite, l'interprétation qui risque bien de prévaloir au Conseil d'administration des universités sera qu'un alourdissement substantiel des charges d'enseignement laisse encore un "temps significatif" pour la recherche. Et, s'il y a divergence d'interprétation entre le CA et l'enseignant-chercheur, qui sera compétent pour trancher ? Le tribunal administratif ? Si l'enseignant-chercheur n'a pas été bien évalué par la section compétente du CNU, son recours risque d'être voué à l'échec, d'autant qu'il n'est pas certain que l'opinion des magistrats des tribunaux administratifs sur les enseignants-chercheurs soit tellement éloignée de celle d'une certaine opinion publique, pour laquelle la plupart des enseignants-chercheurs ne travaillent pas beaucoup.
A la limite, l'ajout du passage en question ressemble presque à un aveu que le but du décret est d'alourdir les obligations de service de certains enseignants-chercheurs, jusqu'à un certain point tout au moins !
Je me trompe peut-être, mais personnellement je ne suis pas rassuré par la nouvelle mouture du projet. Modeste maître de conférences, j'attends avec intérêt de voir quelles vont être les réactions des maîtres de conférences et professeurs juristes autres que ceux qui ont négocié ce "compromis" au ministère, sans engager pour l'instant, à ma connaissance, quiconque d'autre.
La transmission, sans désemparer, de la nouvelle version du projet de décret par Valérie Pécresse au Conseil d'Etat ce jour, a déjà suscité une avalanche de commentaires virulents sur d'autres blogs. Il n'est pas du tout sûr que cette nouvelle version soit accueillie favorablement, même chez les juristes.
Décidément, la Ministre semble bien pressée...
Ecrit par : Eric Martin | 30.01.2009
Mr le Professeur Houtcieff,
Vous faites certes confiances à votre section CNU. A la bonne heure ! J'en sui ravi pour vous.
Mais, qu'en est-il des maîtres de conférences juristes car vous savez pertinemment, ce que vous omettez de souligner , que donner le champ libre au CNU sur ce sujet est très dangeureux car les sections 01, 02 et 03 présentent des "spécifités propres" que je préfère taire pour l'heure.
Alors, il est fort aimable de votre part de relayer le communiqué fort attristant du group I, qui n'engage qu'eux et aucunement la communauté unviversitaire et la coordination nationale, notamment composées de maîtres de conférences juristes qui se sentent directement en danger par la tournure que prennent les événements depuis le 26 janvier, et par les pleins pouvoirs qui seraient donnés au CNU, dont nous connaissons l'habileté, n'est-ce pas, nous MCF des sections 01, 02, 03.
Ce communiqué n'engage qu'eux et rien qu'eux. Il serait plus sain, pour la clarté du débat, de prendre la peine de le préciser.
Ecrit par : MCF | 30.01.2009
@ MCF : le CNU ne me paraît pas dangereux pour les MCF. Je ne sais pas, du moins, ce que vous préférez taire.
Pour ce qui est du groupe 1, qu'il ne fasse qu'exprimer son propre engagement me paraissait aller sans dire. Je suppose que ce qui va sans dire va mieux en le disant....
Ecrit par : Dimitri Houtcieff | 30.01.2009
Cela fait dix ans que je siège en tant que membre élu au CNU section 01 et je serai assez curieux de savoir ce que MCF insinue en évoquant les spécificités propres de notre section.
Ecrit par : denis mazeaud | 31.01.2009
Un point est à noter dans le nouveau projet de décret : un plancher d'heures d'enseignement est prévu pour ceux qui obtiendront une modulation à la baisse mais aucun plafond chiffré n'est prévu en cas de modulation à la hausse. Or il me semble indispensable qu'un tel plafond soit fixé de façon raisonnable (pas celui des PRAG qui ne sont pas recrutés pour faire de la recherche). 210 h TD ou 140 h cours est un maximum pour conserver un temps significatif pour la recherche.
Par ailleurs, il est indiqué que les enseignants-chercheurs participent à l'administration de l'université et assurent différentes missions (article 3). Or ces missions ne sont officiellement pas pris en considération pour la modulation et l'évaluation, ce qui est une invitation à démissionner de l'ensemble de ces tâches. Il faut exiger soient prisent en considération ces activités.
En l'état, le texte n'est pas acceptable.
Ecrit par : XXX | 31.01.2009
Si un plafond est fixé à la hausse, beaucoup d'universités risquent de s'en emparer pour l'imposer comme nouvelle norme des obligations de service. Il existerait donc un danger d'aboutir ainsi de facto à l'alourdissement et à la disparition du verrou des 128 h / 192 h, au profit d'un verrou 140 h / 210 h.
Certes, les enseignants-chercheurs bien évalués doivent, dans la nouvelle version du texte, échapper à cet alourdissement. Mais, comme on ignore en l'état quels seraient les critères de l'évaluation, s'ils seraient raisonnablement susceptibles d'être atteints, notamment par la plupart des mcf...
Ecrit par : Eric Martin | 31.01.2009
Ce dernier épisode, déjà intitulé par certains "l'affaire des professeurs de droit" et vécu comme une "véritable trahison du mouvement en cours" par "une minorité de juristes... mais une minorité dirigeante", suggère les réflexions suivantes:
- Il est vraisemblable que la mobilisation récente de bon nombre de juristes enseignants-chercheurs ait eu pour seul objet la question de l'évaluation et de la modulation des services.
- Il est certain que pour d'autres l'objectif de la mobilisation ait été plus large.
- Peut-être la ligne de partage entre les premiers et les seconds recoupe exactement celle qui séparait ceux qui étaient favorables à la LRU et ceux qui ne l'étaient pas. Peut-être pas exactement, et les premiers, légalistes, pourraient reprocher aux seconds de se réveiller un peu tard. Mais après tout, si les rangs des seconds ont grossi, les premiers concèderont qu'il est de bonne guerre pour les anti-LRU d'accueillir aujourd'hui dans leurs rangs ceux qui réagissent même tardivement.
-Peu importe le nombre des uns et des autres. Dans une société démocratique, en matière de contestation, ce n'est pas le nombre qui fait la légitimité. La légitimité est attachée au droit de contestation lui-même et non à la représentativité des contestataires.
- Enfin ceux qui seraient rassurés par l'option "Évaluation-Modulation CNU" parce que ils sont d'accord sur le principe de l'évaluation ou s'y résignent (un mal nécessaire lié à la compétitivité) et pensent qu'il vaut mieux être évalués par ses pairs, se sont-ils interrogés sur le sens, la valeur et la portée de la systématisation de l'évaluation des EC projetée?
Alors même que je ne doute pas de la probité des évaluateurs du CNU (je préfèrerai juste un tirage au sort à l'élection), à supposer que leurs moyens soient à la hauteur de leurs nouvelles tâches et à supposer encore que leur évaluation repose sur des critères pertinents préalablement définis,il n'empêche que la lecture de la lettre de notre Ministre aux Présidents d'Université est claire: il ne s'agira pas pour le CNU d'émettre simplement un avis favorable ou défavorable (type qualification ou non) mais bel et bien de classer les EC, classement dont dépendront pour partie seulement les avancements, promotions et primes, une grande liberté de manoeuvre demeurant assurée aux universités et à leurs Présidents.
Ecrit par : corbion lycette | 31.01.2009
sans mandat, sans mission, sans légitimité, ce groupe 1 ne nous représente, ni ne nous lie et c'est tant mieux
Ecrit par : denis mazeaud | 31.01.2009
Je partage le point de vue de Denis Mazeaud
Ecrit par : Serge Slama | 31.01.2009
@Denis Mazeaud
Heureuse de vous l'entendre dire.
Digne réaction qui aura un écho chez de nombreux MCF inqiuets de l'évolution que prend le décret ...
Ecrit par : MCF | 31.01.2009
Ce qui semble certain c'est que le nouveau projet de décret n'apporte aucune garantie sérieuse.
Toute idée de charte extérieure au décret concernant l'évaluation doit être écartée. Les juristes savent bien qu'elle n'a aucune valeur.
Ecrit par : XXX | 31.01.2009
@Denis Mazeaud,
bien sûr, mais je suis convaincue que les intéressés ni ne revendiquent ni ne prétendent avoir ces qualités ou avoir lié qui que ce soit d'autre qu'eux-mêmes. Je peux au moins en attester pour le doyen Beignier (rendons à César ce qui est à César) qui, lors de la dernière réunion d'information, n'a nullement fait état d'un mandat quelconque.
Mais n'est-ce pas pire, quelles que soient par ailleurs les bonnes intentions des personnes en question?
N'ont elles pas cru être autorisées (entendre: avoir l'autorité, l'auctoritas), en tant qu'expertes es textes (?), à s'improviser proprio motu médiatrices? ou plutôt diplomates chargées de rétablir la paix?
La médiation est à la mode, la diplomatie beaucoup moins
Ecrit par : corbion lycette | 31.01.2009
Lançons un grand mouvement : TSS... Tout Sauf Sudre
Ecrit par : TSS | 31.01.2009
Quel est l'intérêt d'étaler une affaire de plagiat, dont pas grand monde ne conteste que F. Sudre en soit victime, pour prétendre discréditer le président du CNU 02. F. Sudre n'a pas été mandaté par le CNU 02, ni par le groupe 1, pour négocier quoi que ce soit, cela est clair, mais il avait aussi dit très clairement que l'essentiel pour lui était de sauver le CNU. Le ministère a joué la division, ce qui est de bonne guerre, mais il reste à montrer à notre chère Valérie que l'opération est un échec. Bref, ce n'est pas le moment de tirer sur des collègues, d'autant moins que les concessions obtenues montrent qu'à condition d'être ferme, il est possible de faire bouger le pachyderme.
Ecrit par : PR | 31.01.2009
Je trouve vraiment détestables certaines attaques ad hominem lancées sous le couvert de l'anonymat permis par internet. Ces attaques ne servent ni la cause des mcf, ni celle des enseignants-chercheurs en général. Désolé d'être direct, mais le moment est vraiment mal choisi pour s'abaisser à une polémique de caniveau.
Pour le reste, comme le fait remarquer PR, depuis le début, F. Sudre a paru soucieux avant tout de voir le rôle du CNU maintenu et renforcé, et ses moyens augmentés. Le problème de la modulation des services, la clause "Enseignement-punition" ne m'ont pas paru le préoccuper outre mesure, lors dès la première assemblée du Collectif de défense de l'Université, le 6 janvier dernier.
Si la négociation engagée par les présidents des sections 01 et 02 avec le Ministère partait - peut-être - d'un bon sentiment, elle a donné l'impression d'une division au sein des enseignants-chercheurs et, de ce point de vue, elle a affaibli le mouvement.
La ministre a bien compris tout le parti qu'elle peut tirer de la brèche qu'elle pense avoir ouverte. Elle a tiré prétexte de cette négociation pour transmettre immédiatement un décret légèrement remanié au Conseil d'Etat, sans rien avoir cédé sur l'essentiel, à savoir la clause "enseignement-punition", qui concentre sur elle les inquiétudes, notamment des maîtres de conférences.
Nous verrons bien les résolutions qui se dégageront de l'assemblée du collectif de défense de l'université aujourd'hui.
Ecrit par : Eric Martin | 31.01.2009
Le Collectif pour la défense de l’université ( réuni aujourd'hui) a décidé du maitien de la grève à partir de lundi, les modifications proposées ( inspirées par le groupe I ...) ont été jugées insuffisantes.
Il faudra désormais parler du feu communiqué du groupe I.
Ecrit par : Info | 31.01.2009
@ MCF, Je ne suis que MCF mais ne trouve aucun intérêt à une telle démonstration au regard du mouvement actuel.
Mais @ PR, je ne crois pas plus qu'il y ait quoi que ce soit à "montrer" à Mme Pécresse.
Nommer des ennemis ne sert à rien dans un conflit qui dépasse largement leurs personnes.
Tout le monde (des contestataires) se réjouit ou veut se rassurer en parlant d'un mouvement qui dépasserait les clivages politiques. Peut-être, mais à condition de ne pas perdre de vue qu'il s'agit d' une contestation inscrite au contraire au coeur même du Politique. Enfin, et c'est tant mieux!
Ecrit par : corbion lycette | 31.01.2009
@ Info et Éric Martin, merci pour les infos mais pouvez-nous dire où trouver la nouvelle mouture du projet car dans la lettre de notre Ministre on avait l'esprit sans la lettre
Ecrit par : corbion lycette | 31.01.2009
Je partage l'avis d'Eric Martin : je trouve détestable ces attaques. Raison pour laquelle j'ai décidé de censurer certains messages, d'ailleurs anonymes.
Ecrit par : Dimitri Houtcieff | 31.01.2009
Je n'ai pas pu me rendre à l'AG aujourd'hui, mais j'avais pris soin d'y laisser mes yeux et mes oreilles, qui m'en feront compte-rendu demain. Je le mettrai alors en ligne.
Pour ce que j'en sais déjà la grève a été voté pour lundi. Le mouvement continue donc malgré les modifications du décret.
Ecrit par : Dimitri Houtcieff | 31.01.2009
@corbion lycette : Le nouveau projet, qui est très peu nouveau, se trouve par exemple ici :
http://www.autonomesup-lsh.fr/repertoires/dossiers-d-actualite/reforme-du-statut-des-enseignants-chercheurs/Decret-statutaire-EC-envoi-300109.pdf
@info : merci pour ces bonnes nouvelles en provenance du collectif DDU.
Ecrit par : PR | 31.01.2009
Je livre quelques mails que je viens de recevoir, révélant que l'initiative de "concertation" de la "minorité dirigeante" de juristes auprès de notre Ministre aura eu le mérite de mettre les choses au clair et finalement place les juristes désormais sur un piédestal, position qu'il va falloir assumer.
Objet : [Prep.Coord.Nat] Les juristes en lutte pour sauver un métier que l'on partage tous
À : prepa.coordination.nationale@shesp....
J'en reviens et le bilan est très positif
en bref, F. Sudre Président de la section 02 a admis qu'ils avaient atteint les limites de la discussion
et a réfuté que le communiqué soit un appel à cesser le combat (c'est simplement lui qui cesse le sien, sur le terrain de la "concertation", qui s'avère inutile et illusoire, _et cela a le très grand mérite de mettre la position du Ministère au grand jour pour ceux qui ne le voyaient pas encore !_)
Tout le monde a convenu que le projet restait inacceptable du seul
fait des principes mais a tenu à reconnaitre leurs efforts, compte tenu de la nature très particulière de leur travail (d'analyse juridique et de barrage à un texte dans le cadre légal qui est le sien, car la loi LRU est malheureusement le droit en vigueur) : n'oubliez pas que c'est ce travail d'analyse qui révèle les failles (et les hypocrisies du texte, même si c'est à mots couverts et sous des formules courtoises) et donc
convainc un nombre croissant de juristes à s'engager à côté des autres dans une lutte qui, pour une grande part, ne leur est pas familière
*Appel à continuer le mouvement : grève le 2* ("Autonome" suit,
laissez leur le temps d'appeler à la grève pour le 3, le 4, etc ;-)
*Soutien de la demande de retrait Mastérisation* même si au départ le collectif avait été créé pour la défense Statut (N'oubliez pas que notre discipline ne relève pas de la formation des enseignants des autres degrés et que les juristes ne connaissent pratiquement rien de ce dossier, j'insiste sur ce point qui est majeur)
La coordination nationale se chargera du reste ;-)
Très cordialement
Une EC en lutte qui se trouve être juriste
J.V. a écrit : On vient de m'informer que "les juristes" (selon l'expression consacrée et très imparfaites) réunis tout à l'heure à la réunion indiquée ci-dessous ont décidé à l'unanimité d'envoyer
des délégués à la coordination nationale de lundi.
Les juristes avec nous !!!! Vive les juristes qui luttent !!!!
;-)
Jérôme
Ecrit par : corbion lycette | 31.01.2009
J'étais non loin des yeux et des oreilles de Dear Dim... lors de l'AG d'aujourd'hui qui a eu beaucoup de tenue. D'une part, parce qu'il n'y a pas eu de chasse aux sorcières et que tout le monde ou presque a tenu à féliciter F. Sudre pour le boulot accompli et les quelques avancées réalisées grâce au travail qu'il a accompli avec d'autres. D'autre part, parce que le collectif a tenu à rappeler fermement sa solidarité avec les autres universitaires (afin qu'il n'y ait pas la moindre ambiguité sur l'attitude des juristes) et a redit sa farouche hostilité au projet de décret new look, considéré comme l'instrument d'une grave régression pour le statut des enseignants-chercheurs.
Une petite remarque personnelle. Nous étions une centaine. C'est beaucoup, mais cela me paraît, proportionnelement au nombre de profs et MCF franciliens, finalement bien peu... C'est pourtant assz sympa le Panthéon, tout un samedi après-midi. Svp, bougez vous a little si l'avenir de l'Université vous préoccupe...Evidemment, cette petite prière ne concerne pas nos collègues provinciaux, car je ne suis pas certain que, si les réunions se tenaient à Toulouse, je serais très assidu
Ecrit par : denis mazeaud | 31.01.2009
Bonjour,
Si vous cherchez des critères d'évaluation concernant en particulier les juristes, je vous suggère ce rapport de l'AERES...
http://www.aeres-evaluation.fr/spip.php?page=imprimer-article&id_article=214
Et là, je crois VRAIMENT qu'il faut s'inquiéter.
Ecrit par : Sébastien ROBINNE | 01.02.2009
@PR, merci pour le lien
@ Denis Mazeaud, Il ne faut pas désespérer de... Toulouse.
Ecrit par : corbion lycette | 01.02.2009
Le bruit circule selon lequel un classement des revues juridiques existerait déjà et aurait servi à l'évaluation des universités pour l'allocation des moyens 2009. Ce classement serait aussi incontestable que si le classement des revues de mathématiques avait été effectué par un professeur de langue chinoise ancienne. Le Dalloz serait ainsi classé parmi les plus mauvaises revues juridiques. Si cette rumeur est fondée, le pire est à craindre. Quelqu'un a-t-il des précisions ?
Ecrit par : XXX | 01.02.2009
@corbion lycette
"place les juristes désormais sur un piédestal".
Quel rapport ? les juristes EC sont des EC comme les autres .
Arrêtez SVP avec ce discours nombriliste ...
Nous sommes comme les collègues des autres disciplines, ni plus ni moins.
C'est cette prétention qui a conduit certains d'entre nous à aller négocier dans notre dos ...
Ecrit par : ??? | 01.02.2009
@??? si vous aviez pris le temps de lire mes messages précédents, vous auriez compris que je ne pense pas différemment. Je voulais juste souligner que les juristes, traîtres d'un jour étaient les héros du lendemain et qu'il n'y a de vérité ni ici ni là.
Sans rancune car l'outil commande la vitesse de réaction, qui se conjugue difficilement avec qualité des écrits
Ecrit par : corbion lycette | 01.02.2009
Communiqué de presse de la coordination nationale des universités (31 janvier 2009)
Les responsables de l’organisation de la deuxième réunion de la coordination nationale des universités rappellent
1. que la prochaine réunion aura lieu en Sorbonne le lundi 2 février à partir de 14h dans l’amphi Descartes (Université Paris 4). Elle rassemblera la presque totalité des universités françaises.
2. que cette réunion prendra acte de la réponse ou de l’absence de réponse apportée par la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à la demande, formulée dans les motions votées le 22 janvier, d’un retrait sans préalable du projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs et de la réforme en cours de la formation et du recrutement des enseignants
3. qu’au cas où ce retrait ne serait pas effectif, prendra effet à compter du 2 février l’appel à ce que les « les universités et les laboratoires s’arrêtent » dans le cadre d’une grève reconductible et illimitée
4. que le refus de ces deux projets de « réforme » s’inscrit dans le refus d’une politique générale qui conduit à la paupérisation des universités et des laboratoires de recherche, au démantèlement des grands organismes et au développement d’une précarisation généralisée
5. qu’une conférence de presse aura lieu en Sorbonne le lundi 2 février à 18h après la tenue de l’assemblée générale afin d’annoncer les décisions de la coordination nationale.
Les organisateurs de la deuxième réunion de la coordination nationale appellent tous les enseignants-chercheurs, chercheurs, membres du personnel de l’enseignement supérieur et de la recherche à manifester symboliquement le 2 février l’arrêt des universités et des laboratoires par des manifestations symboliques fortes, à l’exemple d’un freezing de 10 minutes, dans un lieu public, à la même heure -12h-, et dans toutes les villes de France.
Ecrit par : EC indignée | 02.02.2009
Tout à fait d'accord avec vous
Ecrit par : Betclic | 07.05.2009
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