29.01.2009
Statut des enseignants chercheurs : Diviser pour régner
On trouvera la motion du "Groupe 1 du CNU" sur le site Maître de Conférences, auquel je renvoie donc. Comme l'écrit Denis Mazeaud, on constatera que "les avis sont partagés et la liberté de chacun est respectée" au sein de la section 01 du CNU.
Sur un plan plus général, il faut aujourd'hui prendre garde à ce que le mouvement qui se met en marche ne souffre pas de nos habituelles divisions.
Nous avons peu l'habitude des mouvements sociaux- contrairement à ce que je lis ici ou là.
La plupart de mes collègues juristes feront grève pour la première fois depuis leur entrée en fonctions - c'est d'ailleurs mon propre cas. Nous avons en revanche l'habitude de nous diviser : les juristes contre le reste de l'Université d'abord, les juristes entre eux parfois (d'une section l'autre, ou entre Professeurs et Maîtres de conférences).
La remise en cause du statut des enseignants chercheurs nous touchent tous, au-delà de nos querelles de clochers. Il n'est dès lors pas sain, par exemple, de laisser courrir le bruit que les Professeurs seraient près à sacrifier les Maîtres de conférences sur l'autel de la réforme pour préserver leur propre situation.
Il me paraît par ailleurs indispensable que, tout en conservant notre identité - je veux dire notre identité de juristes ici -, nous ne nous coupions pas du reste de l'Université. Nos actions doivent concertées, voire soutenues, par le reste de la communauté universitaire, à peine sinon d'affaiblir l'ensemble du mouvement par la division que nous susciterions. Déjà, des collègues d'autres disciplines s'offusquent des négociations entreprises par les juristes avec la Ministre, qualifiant "l"affaire des professeurs de droit négociant au ministère" "d'extrêmement grave". Cette inquiétude compréhensible de nos collègues devrait bientôt être relayée au sein de la coordination nationale...
Je le répète, nous n'avons pas l'habitude de telles situations. Le gouvernement si.
Y a-t-il meilleure stratégie pour nous affaiblir que de nous diviser, paraissant négocier avec les uns pour braquer les autres?
Que l'on me comprenne bien : je crois profondément que l'Université n'a d'avenir que pour autant qu'on lui donnera les moyens d'une logique facultaire.
Mais ce n'est pas le combat d'aujourd'hui.
L'espoir des facultés passe pour l'heure par la survie de l'Université. Et elle n'est pas acquise.
07:48 Publié dans Université d'Evry et faculté de droit | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note









Commentaires
Voilà un message courageux.
Ecrit par : Eric Martin | 30.01.2009
Je savais bien que le professeur Houtcieff était aux côtés de la plèbe des maîtres de conférences!
Ecrit par : Serge Slama | 30.01.2009
"les avis sont partagés et la liberté de chacun est respectée" au sein de la section 01 du CNU"
Il faut aller jusqu'au bout du raisonnement.
L'heure n'est plus à la langue de bois.
Il faut simplement admettre que les juristes sont très divisés, notamment à la section 01 au CNU.
La section 02 du CNU aurait déjà "capitulé" et accepté les "garanties "de la ministre à moins que la section 02 affirme le contraire, adopte une motion et qu'elle la diffuse pour rassurer un peu tout le monde, ce que je crois pas qu'elle fera ( et pour cause)...
Ecrit par : XYZ | 30.01.2009
bravo pour le très fin décodage de la formule "les avis sont partagés"! Il fallait en effet comprendre, et ce n'était pas évident du tout, "les juristes sont divisés". Champollion n'aurait pas fait mieux...
Ecrit par : denis mazeaud | 30.01.2009
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