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13.04.2007
Les facultés de droit sont de retour ( ?)
Faut-il signer l’appel des membres des Facultés de droit contre la remise en cause de l’utilité des études juridiques ? Ma réponse personnelle peut se déduire d’une lecture de la liste des premiers signataires, que l’on trouve sur le blog de mon collègue Frédéric Rolin . Il me semble cependant nécessaire de la justifier.
Ce qui heurte n’est certainement pas que l’IEP puisse préparer au barreau. Les Professeurs de droit et enseignants qui y oeuvrent sont parmi les plus brillants – ils sont d’ailleurs la preuve que les facultés participent à former les plus brillants… Nul doute, donc, que la formation sera excellente, et la concurrence n’est pas un mal. Encore faudrait-il que les facultés soient en situation de concurrence : sous cet angle, ce n’est pas l’IEP qui est à blâmer, mais une politique de l’enseignement supérieur désastreuse.
Il n’est pas besoin d’insister sur le manque cruel de moyens des universités, qui vivent de promesses plutôt que de crédits. Comment rivaliser avec l’IEP de Paris si nous ne disposons pas des mêmes moyens ?
D’autre ajouterons que la concurrence est d’autant plus déloyale, qu’à l’exception de quelques filières – DJCE et IUP (que la réforme LMD s’est d’ailleurs employée à démanteler) - , il est impossible de sélectionner les candidats. L’argument doit à mon sens être nuancé : d’une part parce que nos facultés sélectionnent… par la réussite aux examens ! Si nous n’avons pas de numerus clausus, un coup d’œil sur les taux de réussite en « Licence 2 » est assez éclairant. Surtout, c’est l’honneur des facultés de droit de permettre à chacun d’intégrer une filière d’excellence, quel que soit son milieu, et de le porter vers la réussite.
Au fond, peut-être qu’au-delà des moyens qui manquent, l’une des principales sources du malaise provient des universités et des facultés. De leur attitude d’abord : il est dommage que nous nous bornions à nous défendre, au lieu de mettre en avant nos atouts. Il est temps de rappeler à tous que la faculté de droit fait partie d’un grand service public, que son enseignement est ouvert sur le monde et l’emploi, qu’elle permet encore aujourd’hui la réussite… même s’il est vrai que quelques crédits destinés à permettre une telle communication seraient (aussi) à propos.
Mais nos facultés souffrent à mon sens d’un mal plus grave, peut-être incurable : c’est qu’elles n’existent plus ! On sait en effet qu’après mai 1968, la loi d’orientation du 12 novembre 1968, dite « Edgar Faure », a supprimé les facultés pour refonder les Universités. Sans doute l’idée est-elle belle d’une Université pluridisciplinaire. Elle a cependant pour conséquence un enfermement du droit dans des cadres pensés pour d’autres filières. Qui ne connaît pas un étudiant en thèse à qui il a été sèchement rappelé par telle ou telle instance, le jour du renouvellement, qu’une thèse se doit d'être rédigée en 3 ans ? A quel enseignant de droit n’a-t-on pas reproché de n’être pas assez impliqué dans la vie de son « laboratoire » ? Quel Professeur n'a-t-il pas subi des sarcasmes à propos de l'existence d'une "recherche en droit"? Qui n’a pas subi la mise en place de réformes mal fagotées ? La dernière en date (le fameux LMD) – portée en son temps par un candidat à l’élection présidentielle... – n’a visiblement pas été pensée (pour l’enseignement du droit). Nos facultés s’y sont pourtant pliées, après qu’on leur a expliqué qu’il s’agissait de permettre plus de mobilité à nos étudiants : il n’y a qu’à jeter un œil sur les systèmes universitaires voisins pour s’apercevoir que la France se trouve en réalité dans un splendide isolement….
Bref, les fantômes des facultés – des UFR ou des départements – « vivent » sans moyens en se pliant à des structures inadaptées et imposées. Cet appel atteste cependant de leur résistance : c’est à mon sens le plus important.
A titre personnel, il me semble que l’objectif, du moins à terme, ne doit pas être d’empêcher l’IEP de Paris, ou même n’importe quelle Ecole de commerce, de préparer le barreau. Il faut redonner aux Facultés de droit, non seulement des moyens décents, mais également une identité, afin de renforcer leurs atouts et de conduire les meilleurs étudiants à les choisir plutôt qu’à les délaisser.
08:10 Publié dans Université d'Evry et faculté de droit | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note








Commentaires
(Désolé pour ce texte sans doute trop long et trop universitaire, mais cet arrêté est un pas supplémentaire vers ce que la fac ne veut pas voir, et qui avance depuis une vingtaine d’années).
Après avoir laissé s’écouler un certain temps pour faire passer la colère, mais aussi pour prendre connaissance des différents avis sur la question, voici le produit de ma réflexion sur ce très grave sujet. Je me permets de préciser que je suis un universitaire pur jus, puisque je termine une thèse en droit, et que je n’ai jamais étudié qu’à l’université.
Avant tout, il faut poser quelques remarques préliminaires. Il n’est pas question ici de considérer qu’un IEP ne pourra pas devenir un excellent juriste. Suivant la carrière, les expériences que l’on mène dans sa vie professionnelle, son ouverture intellectuelle personnelle il est possible, d’ailleurs pour tout le monde, de devenir un très bon juriste. Il convient simplement de constater que cette faveur faite à l’IEP de Paris (dont on ne comprend pas bien qu’elle soit réservée au seul institut parisien) n’est qu’un premier coup pour desserrer les vis et ouvrir l’accès à l’examen à l’ensemble des Grandes Ecoles (qui ne manqueront pas d’ici peu à en demander le privilège). Dans l’absolu, rien de choquant, à ceci près que les acteurs de cette concurrence ne sont pas sur un pied d’égalité. Les Grandes Ecoles, qui appliquent la sélection, disposent de moyens bien plus importants par étudiants que l’Université de droit.
En réalité, cette évolution de l’accès au CRFPA est une nouvelle fois l’occasion de constater le retard que prend l’Université, par sa propre faute, face au système des « Grandes Ecoles ». Ce retard est largement dû à des querelles idéologiques d’arrière garde, voire parfois, malheureusement, d’égo, entres les enseignants, ainsi que par le « noyautage » des administrations et organes de direction des facs par des syndicats totalement dépassés. Cette perte de terrain peut-être constatée aisément, et n’est pas sans poser problème.
On constate clairement cette perte de terrain. Pour ce qui concerne les cabinets d’avocats d’affaire (en droit privé comme en droit public), il faut observer simplement l’accroissement ahurissant des exigences de diplômes sur les candidats au recrutement. Le double cursus devient la norme, le diplôme d’un IEP ou d’une école de commerce presque un minimum. Bien sur en pratique cette exigence n’est pas si forte parce que confrontée à l’offre des jeunes diplômés, qui n’ont pas tous, loin de là, suivi de tels cursus. Néanmoins la pression est très forte sur les étudiants à tenter, coûte que coûte, de pallier l’insuffisance de leurs diplômes universitaire par autre chose, voire à considérer que n’ayant pas cette double formation ils n’ont aucune chance dans un cabinet de premier ordre. Ceci n’est pas tout à fait vrai, mais on voit apparaître tout de même des cabinets qui ne recrutent plus aucun candidat ayant un simple diplôme de fac de droit. Ce fait est d’autant plus ahurissant que les recruteurs eux-mêmes n’ont souvent qu’une maîtrise de droit (pour les plus anciens d’entres eux). On répliquera à cela que le travail en cabinet n’est plus un travail de juriste. Ceci me semble bien largement faux et dangereux, à moins que le cabinet lui-même ne cherche plus à garantir la sécurité juridique de son client.
Cette perte de terrain de la formation universitaire en droit n’est pas non plus sans poser problème. En ce qui concerne les candidats ENM passés par l’IEP, il faut revenir à la critique qu’avait faite le professeur Rassat lors des auditions de la Commission Outreau. On peut être en désaccord sur la forme, néanmoins le fond de ses propose n’est pas totalement dénué d’intérêt, même pour le sujet qui nous préoccupe aujourd’hui. En gros elle disait qu’il y avait une certaine insouciance à confier un dossier pénal complexe à une jeune juge d’instruction formé à l’IEP n’ayant eu dans sa vie comme formation de droit que les cours de l’IEJ (faut les avoir suivis pour comprendre… ;-) ) et ceux de l’ENM.
Ainsi, il faut profiter de cette nouvelle « bombe » pour mettre sur la table de façon approfondie les retards de l’Université. Retards qui doivent être comblés pour sauver ses étudiants qui choisissent le droit parce que la fac leur est ouverte mais aussi par intérêt intellectuel et parce que le marché du travail du droit est l’un des moins sinistrés. Ce travail est impératif si les enseignants souhaitent proposer une formation conforme aux discours, par trop louangeurs parfois, qu’ils tiennent sur l’université. Il semble qu’il y ait quelques révolutions à faire, certaines ont un coût d’autres pas.
Parmi les réformes gratuites, voici ce qui devrait être fait.
- Redonner toute sa valeur à l’enseignement. Il faut que la carrière d’un professeur de droit ne soit plus toujours orientée vers la recherche. Il faut revaloriser l’enseignement pédagogique. Afin que celui-ci soit intelligent, pédagogique et adapté aux besoins variés des marchés du travail en Droit. Cela passe en particulier par une amélioration de la maîtrise de l’écrit mais aussi de la prise de parole par les étudiants. On pourrait, à titre d’exemple, redynamiser et redonner leur côté « pratique » aux TD, dans lesquels, en droit, l’organisation d’une plaidoirie sur un sujet pourrait être envisagée. Cela demande une plus grande implication de l’enseignant qui dirige l’équipe de TD, mais cela n’a pas de coût.
- Accepter et tirer profit de la concurrence entre les différentes offres de formations en droit. Et ceci dès le niveau de licence ou de M1. De fait la concurrence existe, entre les universités, mais déjà avec les étudiants en double cursus qui passent par le système des « Grandes Ecoles ». L’université doit proposer dès solutions modernes et innovantes garantissant son ouverture à tous les étudiants. Il est urgent que l’Université comprenne les bénéfices de cette concurrence. On a trop entendu durant le conflit du CPE des enseignants considérer que la fermeture des facs ne posaient pas de problème, parce qu’ « on s’en fout de la réputation de la fac à l’international » (sic), ou d’autres pester contre la présence du mot « commerce » dans l’intitulé d’un M2, car cela « fait trop marchand de tapis » (re-sic)… Il faut prendre ce virage de la concurrence nationale et internationale des formations. Au moins sur le plan idéologique, cela n’a pas de coût.
- Dans le même ordre d’esprit il faut développer de façons considérables les partenariats avec les acteurs privés. Et ceci dès la 1re année d’études. Un grand nombre de projets peuvent être imaginés : du stage obligatoire de 4 à 6 semaines dès la 1re année, en passant par un service bénévole de consultation juridique simple par des étudiants encadrés par des enseignants et des praticiens… Je n’évoque pas ici le gouffre qui sépare la recherche en droit et les acteurs privés, visible en particulier dans le mépris de la thèse CIFRE, qui me parait criminel mais qui dépasse en partie notre sujet. Certains acteurs privés sont certainement prêt à participer financièrement à ce genre de programme, et en tout cas cela n’a pas de coût pour l’université.
- Enfin, il faut de toute urgence améliorer la communication provenant de l’université. A l’égard des étudiants, en proposant une offre de formation claire et orientée sur la réflexion mais aussi vers l’emploi. On voit trop d’étudiants sur les bancs des amphis qui ne savent pas, jusqu’à la fin de leurs études, pas tant ce qu’ils vont faire sur le plan professionnel, mais à quoi leurs servent leurs études sur ce même plan. Cet effort doit être mené pendant les études (journée d’information / rencontres professionnelles…), mais aussi après (association pérennes d’anciens élèves). Cet effort d’information doit aussi être orienté vers les acteurs privés, et les partenariats proposés dans le point précédent y contribuent. Cet effort d’information, enfin, n’a pas de coût.
Parmi les reformes qui ont un coût et qui demandent quelques moyens supplémentaires voici ce qui paraît le plus urgent.
- Elargir l’offre des cours dans les différentes filières de droit. Il est inconcevable qu’un étudiant en droit des affaires ne connaisse rien à la micro économie, à la comptabilité, et même au marketing. Ceci étant valable pour toutes les branches du droit. Cela n’a d’intérêt que si ces matières sont valorisées dans la note finale des étudiants (suivre un semestre de compta, parce que le 17/20 est assuré, vue la difficulté des questions à l’examen n’a aucun sens).
- Insister sur l’apprentissage des langues, des langues, des langues. Par l’accroissement des offres de séjours (stages et/ou études) à l’étranger, mais aussi par de vrais cours de langues et de droit dans une langue étrangère dès la première année. Ceci de façon obligatoire et dès la première année.
- Sur le plan structurel (enfin), il faut développer une vraie formation de dirigeant des universités. Le management d’une université n’est pas la même chose qu’un cours de droit. Un vrai directeur formé pourra apporter des réponses efficaces aux problèmes posés, tout en tenant compte des spécificités des Universités, liées à leur vocation d’enseignement ouvert. Bien sur, il faut, en complément, assurer l’autonomie des universités. Ces deux facteurs expliquent les succès financiers et intellectuels des universités américaines, pourquoi nous en priver ?
La mise en place immédiate des ces « minis révolutions » à l’Université n’entraineront pas dans l’ensemble une surcharge de cout très importante pour l’Université. Ces réformes permettront d’accroître l’attrait des étudiants formés à l’Université sur les différents marchés du travail du droit, tout en offrant une formation moderne et de qualité à tous les étudiants. Ainsi, les formations en Ecole de commerce, IEP ou à la fac redeviendraient complémentaires. Nous aurons ainsi su tirer les bénéfices de cette concurrence déjà bien présente. Pourquoi ne pas le faire ? Pourquoi nous diviser et attendre encore ? Ce sont les jeunes étudiants qui sont les forces vives de la Nation, pas les vieux mandarins brillants mais accrochés à leurs privilèges (et trop souvent à leurs idéologies).
Des formations comme le Master de M. Bazex, que le professeur Rolin connaît bien, sont un bon exemple de ce qui peut bien se faire à l’université. Mais il faut accélérer le mouvement pour aller plus loin, par une implication vraiment plus grande des enseignants dans le devenir professionnel de leurs étudiants.
Ecrit par : Jean | 14.04.2007
Je suis un peu déçu qu'il n'y ait pas plus de débat.
Je suis très favorable aux mouvements des Universitaires, mais je pense qu'il ne sert à rien de s'opposer sans proposer en parallèle. Personne ne pense rien des propositions émises dans le commentaire précédent? décevant la conversation dans les blogs!
Ecrit par : Jean | 16.04.2007
Je suis d'accord, sur les deux observations. C'est même pour inciter un peu au débat que j'ai cessé de modérer ce blog. Quelques mots avant - peut-être - de répondre plus précisément à vos arguments (mais j'invite ceux qui consultent ce blog à le faire).
Je crois aussi qu'il est important de construire, et que les universités sont généralement trop repliées sur elles-mêmes, adoptant une attitude défensive. Il est temps de cesser de donner l'impression de défendre un privilège injustifié: nous avons des atouts, il faut les mettre en avant. Ce n'est pas dire qu'il faut s'en contenter. Il faut les développer. Au vrai, à titre personnel, je crois que l'objectif n'est pas que sciences po ne puisse préparer à l'examen d'avocat... mon espoir serait plutôt que les facultés de droit, dégagées de la tutelle des universités, disposent du même statuts, des mêmes prérogatives et des mêmes moyens que sciences po...
Ecrit par : Dimitr Houtcieff | 16.04.2007
Aaaahh enfin, c'est rassurant après lectures de tous les commentaires des différentes discussions sur les blogs évoquant la question de trouver un avis universitaire concordant! E N F I N
Je crois aussi que nous ne devons pas tant craindre cette concurrence (pas si nouvelle mais enfin officielle) mais plutôt nous attacher (avec augmentations de moyens mais malheureusement de façon probable sans!) à rendre sa dimension d'excellence à l'Université de Droit!!! C'est à dire que le plus difficile reste à faire!
Ecrit par : Jean | 16.04.2007
Je voulais répondre, mais je crois que je suis d'accord avec tout ce que vous écrivez !! J'y ajoute l'espoir d'une faculté de droit si ce n'est indépendante, du moins autonome par rapport à l'Université. Le débat est décevant, mais pas votre contribution !
Ecrit par : Dimitri Houtcieff | 17.04.2007
Merci d'avoir pris le temps de lire! Heureux que nous soyons deux!
Ecrit par : Jean | 17.04.2007
Je suis profondément attristé par l'initiative du Pr Rolin.
D’aucuns dénient aux étudiants de Sciences Po formés dans les Masters « Droit économique » et « Carrières judiciaires et juridiques » la qualité de juriste. Rappelons tout de même quelques faits.
D’abord, ces étudiants ont pour professeurs (pour ne citer que quelques noms) Marie-Anne Frison-Roche, Christophe Jamin ou Guy Canivet, médiocres juristes s’il en est…
Ensuite, des étudiants en droit viennent de la France entière pour se préparer au concours de l’ENM à Sciences Po Paris. Et les conseillers d’Etat sont à leur écrasante majorité des anciens élèves de l’ENA, dont l’écrasante majorité vient à son tour de Sciences Po Paris. Nos juges, tant judiciaires qu’administratifs, seraient-ils de mauvais juristes ?
Enfin, au CRFPA, comme sur le marché du travail des juristes et des avocats, les étudiants de Sciences Po ne sont pas dévalorisés, loin s’en faut…
Et après tout, si les étudiants de Sciences Po sont de si mauvais juristes, pourquoi l’Université devrait-elle s’inquiéter (d’autant que seules quelques dizaines d’étudiants par an sont concernés…) ?
Si l’Université a des problèmes, pourquoi prendre les étudiants de Sciences Po en otage ?
Jusqu’à cet arrêté, les diplômés des masters juridiques de Sciences Po devaient passer un an à l’Université afin de pouvoir passer le CRFPA. L’arrêté leur permettra de l’éviter. Il faut croire que ces étudiants sont vraiment extraordinaires pour que tant de professeurs de droit se mettent en émoi de ne pas les voir quelques mois sur leurs bancs…
J’espère vraiment que la sagesse des éminents signataires de la pétition leur fera renoncer à cette prise d’otage de quelques malheureux étudiants. Mais qu’ils conserveront toute leur verve pour lancer un grand débat sur l’enseignement dans les facultés de droit, et réclamer davantage de moyens.
Ne nous trompons pas de combat !
Ecrit par : DA | 18.04.2007
Etudiant en master II à Aix
Je suis assez d'accord sur la passivité du débat concernant notre sujet. Cependant je trouve que c'est l'occasion, qui a été saisie sur plusieurs blogs, d'entamer une vraie réflexion sur l'état de nos universités, notamment de droit. A ce titre je tiens à remercier messieurs Houtcieff et Jean, qui ont rapidement élargi le débat au fonctionnement de l'université, et aux améliorations qu'on pourrait/devrait y apporter.
Je suis néanmoins en désaccord avec M. Houtcieff sur un point : la sélection à l'entrée à l'université. J'ai le sentiment que c'est le point fondamental sur lequel il faut évoluer.
Ce qui fait le prestige des grandes écoles ("source de concurrence déloyale") ce n'est pas tant une qualité d'enseignement exceptionnelle permise par d'importants moyens pédagogiques. C'est simplement le mode de sélection, qui permet de garantir d'avoir les meilleurs étudiants. Idem pour les Masters II. Les anciens étudiants de grandes écoles ou de masterII prestigieux le disent : la qualité de l'enseignement n'est pas à la hauteur du prestige.
De plus c'est particulièrement sécurisant pour l'employeur : il sait qu'il recrute les meilleurs.
Si on veut combattre les grandes écoles à armes égales, il faut utiliser les leurs : la sélection.
Ecrit par : fabrice KORENBEUSSER | 24.04.2007
Que le maître de ces lieux me pardonne pour mon "quasi spam" mais le post de Fabrice K évoquant la sélection à la Faculté peut se lire combiné avec cet autre post :
http://www.droitcommun.fr/blog/?p=23
Ecrit par : Stephane Darmaisin | 24.04.2007
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