16.10.2006

Le second concours d'agrégation est un concours d'agrégation...

Mon collègue Hugues Kenfack a publié sur son site les résultats du second concours d’agrégation. Ce billet a donné lieu à quelques commentaires : où l’on a pu lire en substance que les résultats étaient contestables...Mon excellent – et irremplaçable… – collègue, le Professeur Frédéric Rolin, a vu dans ces débats une manifestation de la libération de la parole sur internet. J’ai peur de n’être pas aussi enthousiaste…. .


La légitimité du second concours est souvent remise en cause par les candidats… du premier concours !  Il me souvient que - voici quelques années –  une pétition circulait pour réclamer de « véritables épreuves » dans le cadre du second concours : on imagine de quels rangs étaient issus ses signataires (les mêmes que moi, me dois-je de préciser...).

On peut penser qu’il n’y a qu’une place à l’agrégation : la première. On peut aussi penser – si l’on veut - qu’il n’y a qu’un seul concours : le premier. Le second concours a cependant sa légitimité, qui se fonde sur l’expérience des candidats – ce qui n’est après tout pas un mauvais test de la légitimité à devenir professeur…Il a en outre l’avantage de ne pas favoriser – comme d’autres procédures… – le localisme dans l’accession au grade de professeur.

Un concours ne peut cependant satisfaire tout le monde, et il ne peut que décevoir les candidats malheureux. Reste qu’un concours – aussi difficile soit-il – ne prouve qu’une chose : l’aptitude des candidats reçus à le réussir. Aussi l’échec ou le succès de tel ou tel n’est-il pas un motif de contestation de la légitimité du jury, ni moins encore la preuve d’une « magouille », ce que j’ai pu lire ici ou là. 

Il ne m’appartient certainement pas de porter une appréciation sur le jury de ce concours. Je m’accorde cependant ici ce droit  - pour ne pas être mal compris - de dire l’estime scientifique, voire la franche admiration, dans laquelle je tiens les membres de ce jury. On comprendra donc que je sois un brin choqué par le fait que l’impartialité de ce jury ait pu être mise en doute dans la blogosphère sans susciter davantage d’émotion, notamment de la part de mes collègues …. Ainsi que le remarque avec raison ma collègue le Professeur Corinne Mascala, « d'une part, il faut rappeler que les membres de la fonction publique sont tenus à un devoir de réserve ; d'autre part, si les professeurs ( quelle que soit leur origine premier ou second concours ) se laissent aller à de telles critiques il ne sera plus jamais possible de recruter objectivement et sereinement des collègues y compris des maîtres de conférences par les commissions de spécialistes, sans que les résultats soient remis en question ... Enfin lire que certains collègues se livrent à des paris sur les résultats sans sièger dans le jury relève d'une imprudence coupable au regard de notre fonction et à l'égard des condidats qui passent ces concours ».

 Certes, je n’ignore pas qu’il y a dans ces commentaires acrimonieux, tantôt une part de déception, tantôt une part de compassion à l’endroit des candidats malheureux ; mais c’est en réalité le mérite des candidats admis que ces commentaires remettent en cause !  

Je terminerai donc ce billet d’humeur – exercice auquel je ne suis pas habitué – par une note positive, en adressant mes félicitations à mes nouveaux collègues.

Commentaires

Je tiens à vous remercier pour ces quelques lignes versées au débat sur les résultats du second concours d’agrégation. La rigueur de votre commentaire est remarquable. Cependant, je ne pense pas qu’il y a lieu de reprocher au professeur Frédéric Rolin d’avoir écrit que les commentaires sur le blog du professeur Hugues Kenfack soient la manifestation de la libération de la parole sur Internet. Bien que je sois loin de savoir ce qui s’était réellement passé lors de ce concours (je crois que vous n’en savez pas plus que moi), ne pensez vous pas qu’il est plus constructif que les uns et les autres puissent s’exprimer pour dénoncer ou approuver une situation ? Comment expliquer vous cette prise de parole spontanée de la part de vos collègues, qui en signant leurs commentaires, ont conscience de l’effet que cela pourra produire ?

Ecrit par : Paul | 17.10.2006

Il serait peut-être préférable de substituer aux adjectifs connotés "premier" "second" les appellations plus classiques en matière de concours de la fonction publique de concours externe et concours interne. Il s'agit alors simplement de reconnaître qu'il existe plusieurs voies d'accès à un corps sans hiérarchie entre elles. Et on ne voit pas en quoi les membres issus de la voie externe seraient plus légitimes à assurer une sorte de police du corps.
Par ailleurs, le débat autour des résulats de ce concours interne a au moins le mérite de soulever la question de l'impartialité des jurys d'agrégation. Une question naïve (et sans rapport avec le concours en question). Est-il normal que le directeur de thèse d'un candidat siège dans un jury à l'occasion de l'audition de ce candidat?

Ecrit par : xddb | 17.10.2006

Ma vie est gouvernée par un grand principe : je ne reproche rien au Professeur Rolin... et je partage assez son avis même si je ne suis pas enthousiasmé par le fond des commentaires.

Quant à l'idée de ne pas faire siéger les directeurs de thèses au jury pourquoi pas. Cela aura au moins un mérite: les professeurs (externes, internes, premiers, seconds et autres concours) de l'Université devraient prochainement être appelés à siéger fréquemment....

Pour le reste, c'est peut-être moins l'impartialité des jury que les modalités du concours - encore ?- qu'il faut discuter.

Ecrit par : Dimitri Houtcieff | 17.10.2006

Je ne suis pas d'accord avec la proposition de xddb, quant à la "neutralisation" des appellations des deux concours. Pour une raison très simple qui est que les adjectifs "externe" et "interne" utilisés dans les autres concours ont toujours exprimé une hiérarchie entre leurs admis respectifs.
Il est connu que les professeurs du secondaire issus du concours externe par exemple, ont toujours regardé de très haut les admis en interne. Il a d'ailleurs toujours été assumé dans le secondaire que le concours interne est un concours très allégé par rapport à l'externe.
L'intitulé ne change donc rien, puisque ce sont les modalités respectives qui font le prestige du 1° et l'ambiguité du 2nd. Je dis 2nd, mais n'y a-t-il pas même un 3°, encore plus méprisé, l'agrégation sur travaux ?

Ecrit par : Grachus | 18.10.2006

Il est vrai qu'il y a une certaine vanité à penser qu'une substitution de termes suffit à faire disparaître les préjugés. Dont acte

Ecrit par : xddb | 18.10.2006

@ Grachus : Bien sûr, ce mépris que vous évoquez à propos de l'agrégation du secondaire n'a pas d'équivalent dans le supérieur...notamment en droit...

J'observe en passant que le site antarès évoque lui-même le "premier" et le "second" concours... même si évidemment cela ne prouve rien d'autre que le caractère répandu de cet usage...(http://www.education.gouv.fr/personnel/enseignant_superieur/enseignant_chercheur/recrut_juridique.htm)

Ecrit par : Dimitri Houtcieff | 18.10.2006

Je ne pense pas non plus que cela changera quelque chose de modifier les termes "premier" et "second". C'est plutôt notre perception des concours qui est en cause. Si tout le monde avait en l'esprit que l'agrégation n'est qu'un mode de recrutement des professeurs, les choses seraient peut-être différentes.

Ecrit par : hugues kenfack | 19.10.2006

pourquoi n'y a-t-il (à ma connaissance, limitée...) qu'en droit et éco que l'on trouve encore aujourd'hui ce genre d'épreuves pour l'agrèg ?

pourquoi le reste des matières (sciences dures ou molles ou caoutchouteuses) ont-elles évolué vers quelquechose à mon sens de plus rationnel ?

pourquoi en voyant les épreuves et notamment la leçon de 24, ai-je la légère impression de me retrouver soudain au XIXème siècle ?

et avec comme un parfum léger, très léger, à peine perceptible de cooptation qui flotte dans l'air, plutôt que de concours ?

quelqu'un/e a des réponses ?

me trompe-je ? et dans quel état j'erre ???

Ecrit par : wam/e | 19.10.2006

Pour ma part, l'épreuve de 24 heures a son charme et je ne désespère pas de m'y frotter un jour...
Par contre une question me turlupine de plus en plus...l'agrégation est un concours national. Les provinciaux (dont je suis) se plaignent souvent d'une surreprésention parisienne. Personnellement je pense que les candidats parisiens sont très bien préparés et que leur place n'est pas usurpée par contre je m'étonne qu'un concours national tel que celui-ci et surtout avec les contraintes logistiques qu'il comporte (notamment pour la leçon de 24H) n'ait forcément lieu qu'à Paris...
J'observe par exemple que pour faire preuve d'équité le concours de l'internat en médecine se délocalise et que les candidats (si je ne me trompe pas) sont révenus assez tard du choix de la ville pour éviter tout favoritisme.

Je m'étonne donc que personne n'ait jamais songé à remettre en cause le fait que l'agrégation se déroule nécessairement à Paris...

Ecrit par : Nicolas Borga | 19.10.2006

et cela que l'on parle du premier concours ou du second!

Ecrit par : Nicolas Borga | 19.10.2006

je voudrais apporter une réponse rapide à Nicolas. Quelques provinciaux ont contesté le fait que le concours avait toujours lieu à Paris... sans résultat. Par ailleurs, je peux témoigner qu'il n'est pas rare d'entendre certains "provinciaux" dire qu'ils préfèrent Paris, car les liaisons "province-province" ne sont pas faciles, et souvent hors de prix, ce qui n'est pas faux. Alors que faire? La leçon de 24h n'est pas facile à organiser depuis Toulouse par exemple. Quant à la formation des candidats de Paris, il est indiscutable qu'ils sont bien préparés, mais la conférence de Paris forme parfois aujourd'hui des candidats... de toute la France... sans oublier qu'il y a des universités de province qui organisent leur propre conférence d'agrégation.

Ecrit par : hugues kenfack | 19.10.2006

Que « le concours » soit systématiquement organisé à Paris pose, il est vrai, des difficultés. Le coût des voyages, de la location de locaux pour la nuit, du financement de l’équipe est prohibitif (et ceci est un souvenir d’un ancien maître de conférences à la faculté d’Aix-Marseille). Mais le problème ne se pose pas véritablement en terme d’impartialité : il est à la fois plus profond plus général et plus simple : tous les candidats ne sont pas - et ne peuvent pas - être à égalité sur le terrain du financement. La question est donc d’ordre social. Des pistes existent pour répondre à ces difficultés : les laboratoires dont les finances le permettent peuvent aider leurs candidats locaux à faire face aux dépenses. On pourrait du reste imaginer, je suppose, des aides financières – ou pas - accordées aux candidats.

Il n’y a en tous les cas pas là de raison de supprimer "le concours". Si la procédure de recrutement des maîtres de conférences pose beaucoup de questions - des réponses ont été proposées mais jamais entendues - l'agrégation est un concours plus juste. Les membres du jury ne sont pas soupçonnables, dans les faits, de localismes – ce qui n’est pas toujours le cas des commissions de spécialistes… -. J’ajoute que chaque membre du jury est sous la surveillance - amicale peut-être, cordiale sans doute, mais surveillance quand même - des autres, ce qui limite la partialité. Si certaines facultés sont « surreprésentées » c’est aussi parce qu’elles ont plus de candidats, qu’elles les préparent bien, et que les bons étudiants quittent souvent les petites universités pour rejoindre les grandes… dès la licence…

L'agrégation a le mérite de reposer sur des leçons. Après avoir convaincu de la valeur scientifique de ses travaux, il appartient au candidat de convaincre qu'il peut enseigner, de faire la démonstration de ses qualités pédagogiques. C'est à mon sens, le critère de sélection le plus pertinent qui se puisse choisir, même s'il induit une part de subjectivité.

Reste la question de la fameuse leçon de 24h. J'écris sans savoir - mais c'est fréquent ! - : Je crois que le droit est la seule matière qui l’ait conservée. Elle a souvent été remise en cause, souvent de l’intérieur. J’y suis pour ma part attaché, pour des raisons un brin irrationnelles. Cette leçon a une portée quasi-initiatique, elle est une espèce de souvenir commun de tout agrégé – ou candidat admissible - . Elle crée des liens particuliers entre ceux qui y participent : ceux qui ont rédigé des sous-parties jusqu’au bout de la nuit me comprendront… En outre, cette leçon appartient davantage au candidat qu’on ne le croit. D’une part, il est en position d’imposer ses choix, d’autre part, s’il s’en remet à son équipe, le choix de cette équipe lui appartient : aucun candidat ne rate jamais sa leçon de 24h à cause de son équipe, même si tous la réussissent grâce à elle.

Bref, il me semble que le premier concours, malgré ses imperfections, reste le plus pertinent et le plus objectif, et qu’il ne faut le réformer qu’avec « une main tremblante »…

Ecrit par : Dimitri Houtcieff | 20.10.2006

Affirmer que le choix de l'équipe pour la leçon de 24h appartient au candidat n'est qu'une vérité (très) partielle. Si tous les candidats connaissent sans doute de très bons juristes (et encore, la "chasse", parfois désespérée, à certaines spécialités prouve-t-elle le contraire) , ils n'en connaissent pas pour autant nécessairement de très bons juristes formés à la leçon de 24h (n'oublions pas l'importance primordiale de la forme et de l'entraînement à cette dernière dans ce concours). Une leçon pourra être bonne en soi mais ne pas correspondre aux canons de l'exercice et faire chuter, parfois de façon fatale, le candidat dans le classement.
Tout candidat gravitant autour de Paris I et Paris II et/ou de leurs enseignants finira en principe par trouver des coéquipiers rodés, parce que les doctorants de ces universités participent régulièrement à des équipes de 24h et qu'à défaut de connaissance directe de la personne recherchée le recrutement se fera par l'intermédiaire des professeurs.
Quant aux autres...
Quiconque a participé à des leçons de 24h aura vu des candidats sauvés par leur équipe, d'autres saisis au contraire d'un moment de panique en découvrant la teneur du B) du I) à 2h du matin, d'autres encore faire ce qu'ils pouvaient avec des gens de bonne volonté non préparés à l'épreuve.
La 24h est par nature inégalitaire. Elle laisse en revanche effectivement souvent un bon souvenir au candidat chanceux... et une impression positive sur sa légitimité.

Ecrit par : Cequejendis | 20.10.2006

Je persiste à penser que sauver sa propre leçon est de la responsabilité du candidat. Sans doute est-il plus facile de composer une équipe lorsque l'on appartient à certaines grandes universités. Pour autant, c'est le candidat qui doit maîtriser la forme et doit être "formaté", pas son équipe.

S'entourer de "spécialistes" du concours, et uniquement de spécialistes, est , à mon avis, une erreur : ce qui importe est la compétence des membres de l'équipe - la compétence juridique, pas l'aptitude à se conformer au formatage du concours - et, peut-être plus encore, la confiance que l'on peut placer dans l'équipe.

Pour le reste, tout les candidats sont toujours sauvés par leur équipe, quoi qu'ils en disent...

Ecrit par : Dimitri Houtcieff | 20.10.2006

je confirme le point de vue de mon collègue, camarade de concours... Dimitri Houtcieff. J'avoue ne même pas savoir ce que c'est qu'un "spécialiste" du concours. Est-ce celui qui a participé à plusieurs leçons de 24h? Seule la compétence juridique de coéquipiers qui sont dans "l'esprit" du concours(autre terme difficile à définir) est importante. Je ne peux qu'être d'accord avec l'idée selon laquelle tous les candidats sont sauvés par leur équipe, car c'est vraiment un travail d'équipe sous la direction d'un candidat. C'est pour cela que cette leçon a un certain charme, même si, et je l'avais aussi écrit sur mon blog, elle n'est pas évidente à préparer pour un candidat de province.

Ecrit par : hugues kenfack | 20.10.2006

"spécialités" (DIP, droit d'auteur...) pas "spécialistes". Mais ce n'était qu'une observation incidente (l'excès de spécialistes finissant même sans doute par nuire à l'efficacité de l'équipe), le réel problème restant bien, selon moi (mais ce que j'en dis...), de trouver des équipiers formés à l'exercice.

Ecrit par : Cequejendis | 20.10.2006

défendre la leçon de 24 (qui par ailleurs fait rire ou étonne les scientifiques lorsqu'on leur en parle - et ceux-ci sans l'avoir passée sont-ils moins compétents pédagogiquement que des juristes pour enseigner ?)

défendre disais-je donc ce qui m'apparaît comme un archaïsme en se fondant sur "un certain charme", "qu'elle laisse de bons souvenirs", "qu'elle a une portée quasi initiatique", "qu'elle crée des liens et des souvenirs"

ça me laisse baba

surtout venant de professeurs distingués et reconnus qui (j'en entends encore certains) exigent de leurs étudiants de fonder, démontrer, prouver, toute assertion

lé où la logique ?

lé où le bon sens cartésien qui fait les (bons) juristes ?

Ecrit par : wam/e | 20.10.2006

La leçon de 24 h reste à mon sens une épreuve utile, au-delà de son aspect "initiatique" - mais cet aspect là ne peut être saisi qu'en y goûtant...

Elle repose en effet sur plusieurs postulats :
- d'une part, l'enseignant doit être en mesure de diriger une équipe, ce qu'il fera effectivement.
- d'autre part, il doit être en mesure de bâtir une réflexion sur un sujet vaste, sans se perdre dans la complexité ni sombrer dans la simplification, ce qu'il fera constamment en enseignant.
- Enfin, il doit être à même de l'exposer de la manière la plus claire et pédagogique possible, ce qu'il fera ensuite, s'il le peut, en enseignant.
Au-delà de ses défauts - dont les plus significatifs ont été relevés par cequejendis - la leçon a ses mérites. J'ajoute que la tradition ne se confond pas toujours avec l'archaïsme.

Quant "aux scientifiques", je ne sais pas s'ils sont ou non moins compétents pédagogiquement, mais je sais que je ne me prononcerai pas, par incompétence, sur les modalités de leur recrutement !

Ecrit par : Dimitri Houtcieff | 21.10.2006

Je suis personnellement pour la suppression de la 24 heures.

Cette épreuve a peut être eu sa raison d'être au XXe siècle, à l'époque où la littérature juridique était restreinte et les équipes et les candidats peu nombreux. Elle est aujourd'hui le principal facteur d'inégalité entre parisiens et provinciaux. En droit public, où aucune salle n'est mise à disposition des candidats, il n'est pas rare que des candidats de province dépensent plus de 3000 euros entre le train, l'hôtel, etc. En tant que parisien, mon budget pour la 24h n'a même pas dépassé 150 euros (et je ne suis pas radin!).

PAr ailleurs, je ne vois pas trop en quoi préparer une leçon en 24h anticipe la profession à venir. J'espère bien qu'aucun collègue ne prépare ses cours dans de telles conditions. Car les leçons sont souvent médiocres sur le fond. Désolé, mais je pense que pour délivrer une bonne heure de cours, il faut bien plus de 24h. Et ce d'autant plus qu'un sujet de 24h n'a souvent rien à voir avec un sujet de cours.
De même, je ne vois pas trop le rapport entre la gestion d'une équipe de 24h (avec la pression, le stress, le temps limité) et la gestion d'une équipe pédagogique. En tout cas, je n'ai jamais eu le sentiment que la première aidait à appréhender la seconde. J'ajouterai que l'on peut être amené à gérer des TD en étant maître de conférences, sans donc êre passé par cette pseudo formation accelérée à la gestion des RH.

En réalité, je trouve que cette épreuve a effectivement une dimension initiatique. Elle est une forme de bizutage. Je garderai toujours en mémoire le regard gourmant des membres du jury face à un candidat qui a peu dormi (voir pas du tout). Il y a une dimension sado (pour eux) masochiste (pour le candidat) dans cette épreuve. Disons, pour être vulgaire, que la 24h est aux profs de droit ce que la bite au cirage est au rugbymen. Pas sûr que cela nous fasse gagner la Coupe du monde en 2007...

Mais c'est peut être là le sens de la 24h. Elle parvient à créer un esprit de corps qui fait que des collègues fraîchement agrégés en viennent à la défendre. Et de l'esprit de corps au corporatisme, il n'y a qu'un pas que le débat sur le second concours met bien en lumière...

Ecrit par : xddb | 21.10.2006

Je ne suis pas certain de n'être pas convaincu par la démonstration. De l'initiatique au bizutage, il n'y a en effet qu'un pas...de même que de l'esprit de corps au corporatisme... en même temps, qui n'a pas déjà préparé son cours du lendemain en moins de 24 heures?

Ecrit par : Dimitri Houtcieff | 21.10.2006

na

xddb merci

sinon j'ai trouvé sur le net un certain T. Le Bars, après recherches prof qui semble enseigner à Caen et qui a écrit :

Agrégation de droit privé : pour la suppression de "l'épreuve de 24 heures"

http://doc-iep.univ-lyon2.fr/Ressources/Bases/Fripes2000/article.html?ID=9769


only problemo, je sais pas comment accéder à l'article

je reste sur mes positions

plus ya de fromage, plus ya de trous
plus ya de trous, moins ya de fromage
donc plus ya de fromage moins ya de fromage

Ecrit par : wam/e | 23.10.2006

na

xddb merci

sinon j'ai trouvé sur le net un certain T. Le Bars, après recherches prof qui semble enseigner à Caen et qui a écrit :

Agrégation de droit privé : pour la suppression de "l'épreuve de 24 heures"

http://doc-iep.univ-lyon2.fr/Ressources/Bases/Fripes2000/article.html?ID=9769


only problemo, je sais pas comment accéder à l'article

je reste sur mes positions

plus ya de fromage, plus ya de trous
plus ya de trous, moins ya de fromage
donc plus ya de fromage moins ya de fromage

Ecrit par : wam/e | 23.10.2006

Le cas échéant, je suis certain que mon Collègue Thierry Le Bars va appércier l'évocation (un brin surprise) de son identité, ainsi que la digression fromagère...
Cela posé, je suis un grand fan de wam/e, quel que soit le pseudo qu'elle choisira... malgré un emploi du temps un peu chargé, je n'oublie pas que je lui ai promis de discuter autour d'un verre (ou deux). J'ai honte...

Ecrit par : Dimitri Houtcieff | 23.10.2006

L’épreuve de 24h archaïque ? Je trouve pourtant que les agrégés d’aujourd’hui vivent dans la modernité, comme peut en témoigner ce blog – parmi d’autres –, et que cette tradition n’a pas fait d’eux des « petits chanteurs à la croix de bois » de la bonne scolastique juridique et sorbonnarde.

De quoi parle-t-on en fin de compte ? D’une épreuve immuable sur son principe depuis des lustres, mais dont les modalités changent avec le temps (notamment pour tenir compte de l’inégalité entre les candidats), même si cela avance lentement. L’aspect initiatique ne me dérange aucunement, ni le principe d’une épreuve de 24h en équipe, bien au contraire. Ce n’est d’ailleurs pas le schéma du management d’une équipe pédagogique que l’on retrouve dans l’agrégation (ce que n’importe quel chargé de TD pourrait faire sans problème à mon avis), mais plutôt celui d’une équipe de recherche. L’agrégatif est-il capable, ou pas, de coordonner, de diriger et d’inspirer une équipe composée de plusieurs « cerveaux » à forte personnalité en principe, pas forcément en harmonie au départ, et en faire ressortir une présentation potable sur un sujet difficile que personne dans l’équipe ne maîtrise totalement et parfaitement et ce, dans un délai critique ?

Spécificité des juristes sans doute. Anomalie ? Je ne pense pas. Vous citez des scientifiques qui se permettent de juger le concours des juristes, mais j’ai moi souvent entendu des spécialistes d’autres matières nous l’envier ces 24h, français ou étrangers. D’ailleurs, il me semble que les autres spécialités ne connaissent que le professorat sur travaux, par décision du CNU. Quand on connaît les griefs couramment adressés à cette institution et ses décisions (copinage...), on ne peut manquer de sourire face à la comparaison sur la qualité du recrutement…

Je ne vois pas pourquoi nous devrions toujours tout remettre en question, au nom de – pour reprendre un terme à la mode – la nécessité d’une rupture. La modernité n’est pas le modernisme. Supprimer les 24h rendrait le concours plus égalitaire ou moins difficile ? C’est une question qui a le mérite d’être également posée.

Ecrit par : Grachus | 24.10.2006

Afin que tout ici ne soit que luxe, calme et volupté, j'ai censuré les deux commentaires qui précèdent, en espérant que mes commentateurs se montreront indulgents avec moi.

Ecrit par : Dimitri Houtcieff | 24.10.2006

Monsieur le Professeur, j’avoue n’avoir pas tout compris à ce débat ponctué d’étranges histoires où il est question de robe (et d’un professeur…), de chèque (ibid.), de femme (avec le chèque et le professeur), de whisky (avec un autre professeur et une militante anti-leçon de 24H…) et de fan-club (je renonce…). Peut-être ne s’agit-il que des premiers dommages collatéraux de la libération de la parole sur internet… Mais, maintenant que mon esprit s’est définitivement perdu dans les dédales de cette si subtile "disputatio", je me permets de vous solliciter sur un tout autre sujet.
Voici la cause de mes tourments : je souhaite attirer votre attention et vos réactions au sujet du nouvel opus de M. Jacques Ghestin consacré à la cause et plus précisément, à la « cause de l’engagement », qui doit s’entendre de la « contrepartie convenue » (Cause de l’engagement et validité du contrat, LGDJ, 2006). Ces dernières expressions illustrent la thèse de l’auteur puisqu’elles marquent une distance avec les expressions et les concepts de cause de l’obligation, du contrat, de cause objective ou subjective, typique ou atypique. C’est donc la cause l’engagement de chacune des parties qui serait à prendre en considération pour déterminer la validité du contrat. Elle se démarque ainsi de la cause du contrat mais aussi de la cause de l’obligation, puisque c’est l’engagement de chacune des parties, in globo, qui est appréhendé à travers cette définition.
L’ouvrage est d’une grande richesse et comporte de nombreux développements passionnants, malgré le goût prononcé de l’auteur pour les plans catalogues (la position de M. X, puis de M. Y, de M. Z, inutile de poursuivre, l’alphabet n’y suffirait pas). Il y a notamment des développements très intéressants sur le droit allemand et le principe d’abstraction, mais malheureusement pas sur le droit anglais et la consideration (ce qui est tout de même une grande lacune de l’ouvrage, surtout si l’on prend conscience de la proximité des droits français et anglais sur ce point)… L’auteur tente également d’élucider l’énigme de la cause du cautionnement (J. Ghestin, op. cit., n° 648 et s., p. 413 et s.). Pour ce dernier, la cause de l’engagement de la caution résiderait dans le crédit conféré au débiteur par le créancier, en ce sens que la « contrepartie est convenue au profit d’un tiers » (la jurisprudence Lempereur est ainsi confortée et Henri Capitant, qui n’est pas épargné tout au long de l’ouvrage, est à nouveau désavoué)… Voici juste quelques exemples d’un ouvrage qui contient beaucoup de richesse, si du moins on arrive à faire abstraction des « conseils » récurrents prodigués par l’auteur sur l’ « interprétation » des arrêts de la Cour de cassation (l’inutile et l’injuste au sein de l’ouvrage…).
Alors que la simple perspective d’une éventuelle harmonisation européenne et la lecture des PDEC étaient sur le point de transformer le « cauchemar » évoqué par Denis Mazeaud en réalité : la disparition de la cause (La matière du contrat, in Les concepts contractuels français à l’heure des PDEC, Dalloz, 2003, n° 2, p. 82). Ce puissant effort doctrinal qui est entièrement consacré à son sauvetage et qui se situe dans le prolongement de la contribution de l’auteur à l’avant-projet Catala, mérite sans doute quelques réactions.

p.s. : Pour les lecteurs pressés (qui ne l’est pas…), M. Ghestin a récemment publié à la semaine juridique une « présentation » de ses positions.

Ecrit par : VM | 25.10.2006

Merci pour votre commentaire documenté. Je n'ai pas encore lu l'ouvrage en cause (si j'ose dire)... il me faudra donc quelques jours avant de pouvoir vous répondre, mon expérience personnelle m'incitant, en ce cas particulièrement, à prendre le temps de la réflexion (...)

Ecrit par : Dimitri Houtcieff | 26.10.2006

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté

boaf

Ecrit par : wam/e | 26.10.2006

Bonjour Mr Houtcieff,

Mon directeur et moi-même avons vainement tenté de vous contacter depuis une semaine. La piste du blog présente un dernier esposir...
Salutations respsctueuses,
M-Julie

Ecrit par : M-J | 29.10.2006

J'ai appris que Wam/e cherchait les références du papier que j'avais écrit en faveur de la suppression de la leçon de 24 h. Les voici : D. 2004/1, Point de vue, p. 4. Tant qu'à faire, je vous indique aussi la réponse de mes contradicteurs et néanmoins amis P.-Y. Gautier, H. Lécuyer, Ph. Stoffel-Munck et alii : D. 2004/7, p. 427.
A part ça, la manière dont Wam/e évoque mon existence hypothétique et le fait que j'enseignerais à Caen, ce qui est exact, m'incite à plus d'humilité, ce qui est toujours une bonne chose. Rien que pour cela, je l'en remercie et, puisque j'ai cru comprendre que c'était une femme, je lui fais un gros poutou sur la joue.

Ecrit par : Thierry Le Bars | 07.04.2007

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